Chômage : 66 300 demandeurs d’emploi de moins en septembre

EMPLOI C’est une baisse de 1,9 % pour les chômeurs en catégorie A…

M.B.

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Illustration Pôle emploi
Illustration Pôle emploi — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Le président François Hollande a salué mardi la forte baisse du chômage enregistrée en septembre (-66.300), qui « confirme une tendance installée depuis début » 2016, même si « la bataille n’est pas terminée ».

« Au mois de septembre, le chômage diminue fortement. Ainsi, se confirme une tendance installée depuis le début de l’année. Au-delà des chiffres qui peuvent varier de mois en mois, l’essentiel c’est que des femmes et des hommes aient pu retrouver un travail et une stabilité. Ce mouvement est général. Il concerne toutes les catégories de la population, les jeunes et les seniors et tous les territoires en métropole et en outre-mer », a-t-il déclaré sur son compte Facebook.

C’est en effet la plus forte baisse mensuelle depuis 1996. Après la très mauvaise surprise d’août, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A, c’est-à-dire sans aucune activité, a diminué de 66.300 personnes par rapport au mois d’août, pour s’établir à 3.490.500 en France métropolitaine, a annoncé mardi le ministère du Travail. En pourcentage, le repli est de -1,9 %. Il faut remonter à novembre 2000 pour retrouver une plus forte baisse. Ramené sur le trimestre, le nombre de chômeurs a baissé de 1 % (-35.200 personnes).

« La bataille n’est pas terminée »

Les chiffres de Pôle emploi, qui passent sous la barre de 3,50 millions pour la première fois depuis janvier 2015, ont diminué de 90.000 personnes depuis le début de l’année (-2,5 %) et de 59.500 sur un an (-1,7 %).

« Ces résultats sont le fruit de l’action engagée par le gouvernement à travers le Pacte de responsabilité », s’est félicité le chef de l’Etat en soulignant « l’efficacité de plusieurs dispositions dont on peut aujourd’hui mesurer l’impact », à savoir « le dispositif embauche PME, qui a dépassé les 800.000 recrutements, le développement de l’apprentissage et le soutien à l’investissement ».

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« L’Etat a aussi concentré ses efforts sur celles et ceux qui en avaient le plus besoin : les jeunes sans qualification, pour qui ont été créés les emplois d’avenir et généralisée la garantie jeune, comme les chômeurs de longue durée à travers le plan 500.000 formations », a-t-il poursuivi.

« Ce sont ces choix qui expliquent les chiffres d’aujourd’hui », a-t-il affirmé. Pour autant, « la bataille n’est pas terminée », a insisté François Hollande qui a conditionné sa candidature à sa succession à une baisse du chômage.

Fortes variations mensuelles

« Malgré des variations mensuelles parfois fortes, ce sont donc 10.000 personnes qui sortent chaque mois, en moyenne, de la catégorie A » de Pôle emploi (sans activité), s’est réjouie la ministre du Travail, Myriam El Khomri, dans un communiqué. « Il s’agit du troisième trimestre consécutif de baisse, ce qui ne s’était plus observé depuis début 2008 », avant la crise, a-t-elle ajouté.

Ces bonnes statistiques ont bénéficié aux moins de 25 ans avec un recul du chômage de 5,3 % en septembre, de 1,7 % pour les 25-49 ans et de 0,2 % pour les plus de 50 ans. Au final, en France métropolitaine, le nombre de demandeurs d’emploi dans les catégories A, B et C [exerçant une activité réduite] a reculé de 0,7 % le mois dernier pour atteindre 5 480 200. Il est de 5.781.300 en y incluant les DOM.

Plan de formation

Mais les bons résultats de septembre, comme les mauvais d’août, ne sont pas uniquement dus à la conjoncture. Depuis le début de l’année, le nombre de jours ouvrés pendant lesquels les chômeurs doivent actualiser leur situation est devenu variable. Résultat : le nombre de personnes désinscrites pour « défaut d’actualisation » fluctue d’un mois sur l’autre, jouant tantôt à la hausse tantôt à la baisse sur les chiffres mensuels de Pôle emploi.

En septembre, 238.900 personnes ont quitté Pôle emploi pour ce motif, soit 66.500 de plus qu’en août et autant de personnes en moins sur les listes. En revanche, le plan de former 500.000 chômeurs ne semble pas avoir eu d’effet sur les chiffres ce mois-ci, car la catégorie D de Pôle emploi, où sont répertoriés les demandeurs d’emploi en formation, est restée quasi stable (-0,2 %).