Les filières privées se multiplient pour former les jeunes aux métiers du numérique

EMPLOI Le géant du web Microsoft et le leader de l'interim lancent en janvier 2016 une formation en alternance aux métiers du numérique...

Laure Cometti

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Le secteur du numérique, en pleine expansion en France, pourrait permettre de lutter contre le chômage des jeunes.
Le secteur du numérique, en pleine expansion en France, pourrait permettre de lutter contre le chômage des jeunes. — SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

Près d’un jeune actif de moins de 25 ans sur quatre est au chômage en France (chiffres de l’OCDE, avril 2015), alors que la moyenne nationale est à un actif sur dix. En parallèle, avec l’évolution fulgurante des nouvelles technologies, les employeurs du secteur numérique, en pleine expansion, peinent à recruter. Pour pallier ces pénuries de main-d’œuvre et stimuler l’insertion professionnelle des jeunes, certaines entreprises se lancent dans la formation. C’est le cas de Xavier Niel, patron de Free, qui a lancé il y a deux ans son école 42, mais aussi de Microsoft France. Le géant du web et Adecco lanceront en janvier 2016 une filière numérique de formation en alternance.

 

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Les atouts de l’alternance

Le chômage n’épargne pas les métiers du numérique : Pôle Emploi dénombrait 46 000 chômeurs inscrits dans la catégorie « Système d’information et de télécommunication » en juillet 2015. Pourtant, en janvier dernier, le syndicat spécialisé Syntec Numérique estimait que le secteur du numérique proposait chaque année 35.000 offres d’emploi, dont 93,6 % en CDI. Pourquoi ce décalage ?

« Le marché français du numérique est en plein boom », souligne Alain Crozier, président de Microsoft France, or « il y a un déficit de compétences assez important dans un certain nombre de métiers tels que développeur web mobile ou administrateur réseau, sans parler des métiers plus nouveaux qui touchent aux données ou à l’Internet des objets ». Pour combler cet écart, les entreprises s’impliquent de plus en plus dans des formations en alternance. « La culture de l’alternance facilite l’insertion en entreprise, en créant de bons liens avec les employeurs », souligne Christophe Catoir, président du groupe Adecco en France. L’alternance permet aussi de faire du « sur-mesure » en adaptant la formation en fonction des besoins des employeurs.

Un diplôme labellisé Microsoft

La filière numérique Adecco-Microsoft se concentrera donc sur « des métiers en tension », soit parce qu’ils ne sont pas assez attractifs, soit par manque de formation. À la sortie de l’école, les développeurs web, ingénieurs système et experts big data se verront délivrés un diplôme certifié par Microsoft. « C’est une référence sur ce marché, donc au niveau de l’employabilité des candidats, c’est un vrai sésame », se réjouit Christophe Catoir.

Le géant du web a en effet participé à la sélection des métiers proposés dans cette filière et à celle des organismes de formation, qui doivent répondre aux standards de qualité de l’entreprise. En outre, le groupe « s’engage à sensibiliser et mobiliser ses partenaires pour favoriser recrutement de ces alternants ». En d’autres termes, les futurs diplômés auront accès à un important réseau professionnel dans le secteur des nouvelles technologies.

Tous ces critères permettent aux deux entreprises d’être optimistes quant aux débouchés pour les 800 jeunes qui seront formés sur trois ans. « On vise 100 % d’intégration professionnelle à la sortie », indique le président du groupe Adecco en France.

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« Des métiers d’égalité des chances »

Microsoft France soutient déjà la Web@académie, une formation gratuite aux métiers du numérique pour les jeunes en situation de décrochage scolaire. « En quatre ans, 200 jeunes ont pu accéder à l’emploi en se formant au métier de développeur web », explique Alain Crozier. Avec le partenariat avec Adecco, le géant du web espère « passer à la vitesse supérieure » et former davantage de jeunes à ces « métiers d’égalité des chances ».

Les élèves de cette filière n’ont d’ailleurs pas été recrutés en fonction de leur formation, mais plutôt de leur motivation et de leur sensibilité au domaine du numérique. « C’est notre rôle de démystifier ces métiers, et notamment auprès des filles », souligne par ailleurs le président de Microsoft France.