Semaine à 32 heures, entreprises pédagogues: Comment les syndicats pensent relancer l'emploi

SOCIAL «20 Minutes» a demandé à la CGT, à la CFDT et au Medef quelle serait la mesure idéale à mettre en place à l'issue de la conférence sociale...

Céline Boff

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Illustration emploi
Illustration emploi — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Quelle serait la mesure à mettre en œuvre pour relancer l’emploi en France ? A l’occasion de la quatrième conférence sociale qui réunit ce lundi à Paris plusieurs ministres et des partenaires sociaux, 20 Minutes a posé la question aux principales organisations.

Proposition n°1 : Réduire le temps de travail à 32 heures

Elle est défendue par Mohammed Oussedik, responsable de la politique économique à la CGT : « En France, la durée légale est de 35 heures, mais dans les faits, les salariés à temps plein travaillent en moyenne 39,5 heures par semaine. Contrairement à ce que l’on dit, les Français travaillent davantage que les Allemands ou que les Néerlandais et ils se situent dans la moyenne des pays de l’OCDE. Et même si l’on prend en compte les salariés à temps partiel, le temps de travail effectif en France est de 36 heures par semaine. Nous voudrions fixer la durée légale à 32 heures et laisser aux entreprises le soin de négocier la bonne durée pour elles. Cette décision aboutirait à un temps de travail effectif de 35 heures et créerait mécaniquement 2 millions d’emplois. Ce qui permettrait de relancer le pouvoir d’achat, donc la consommation, donc la croissance. On nous traite de fous, mais le passage aux 35 heures au début des années 2000 a permis la création de 350.000 emplois. C’est la mesure qui a eu l’impact le plus favorable sur l’emploi depuis 1975 et nous n’avons pas le droit d’en discuter ! C’est d’ailleurs pour cette raison que nous boycottons cette année la conférence sociale ».

Proposition n°2 : Créer un « pack formation »

Elle est défendue par Véronique Descacq, secrétaire générale adjointe de la CFDT. « Nous voudrions la création d’un « pack formation » : chaque jeune sortirait du système scolaire avec des droits d’accès à la formation professionnelle. Le volume d’heures offert serait inversement proportionnel au niveau de qualification de son bénéficiaire : il serait proche de zéro pour les plus diplômés et doté de 100 à 150 heures pour les personnes sans qualification. Les heures pourraient être utilisées pour se former aux métiers en tension, comme ceux des services à la personne, ou aux nouveaux métiers, tels que ceux liés à la transition énergétique ou au numérique. Parallèlement, nous voulons que la « garantie jeunes » soit généralisée à tous les 18-25 ans qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation. Seuls 50.000 jeunes en bénéficient alors que plus d’un million sont dans cette situation. Cette garantie est plus pertinente que le RSA -aide à laquelle les moins de 25 ans n’ont pas accès- car elle est plus complète : elle donne un revenu de 452 euros par mois mais elle offre aussi un accompagnement individualisé et une formation pour un retour durable dans l’emploi ».

Proposition n°3 : Des contenus pédagogiques préparés par les entreprises

Elle est défendue par Thibault Lanxade, vice-président du Medef. « Il y a 400.000 emplois non pourvus en France et ces postes pourraient être décrochés par des jeunes si notre pays leur proposait les formations qui conviennent. L’apprentissage est la meilleure voie. L’Allemagne l’a bien compris elle qui dénombre 1,5 million de jeunes en apprentissage, contre 400.000 en France. François Hollande a fixé l’objectif de 500.000 apprentis en 2017 -ce qui est un bon chiffre- mais dans les faits, ce mode de formation est massacré depuis plusieurs années. Des centres de formation d’apprentis (CFA) ont dû fermer par manque de financement alors qu’il faudrait en ouvrir ! Pour inverser cette tendance, nous voudrions que l’apprentissage soit directement cogéré par les entreprises et par les régions. Bien sûr, les entreprises doivent jouer le jeu de l’apprentissage et nous avons du travail à faire dans ce domaine, mais certains employeurs ne recrutent pas d’apprentis car les formations proposées ne correspondent pas à leurs besoins. Les entreprises doivent pouvoir définir les contenus pédagogiques ».