Comment demander un congé sabbatique sans passer pour un fainéant

EMPLOI Le coach Gilles Payet livre ses conseils pour prendre un congé pour convenance personnelle...

Gilles Payet (contributeur)

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Illustration d'un couple aux Seychelles.
Illustration d'un couple aux Seychelles. — SUPERSTOCK/SIPA

Quitter temporairement votre job actuel pour réaliser un projet personnel et avoir la garantie de retrouver votre emploi à votre retour est possible. Cela s’appelle le congé sabbatique. Mais cela n’est pas forcément toujours bien perçu.

Gilles Payet, animateur du blog Questions d’emploi et du site Mon coaching emploi, vous livre ses conseils pour en faire la demande sans passer pour un paresseux.

Congé sabbatique, quèsaco ?
 

Le congé sabbatique est un cadre légal prévu par le Code du travail et qui suspend votre contrat de travail pendant une durée comprise entre 6 et 11 mois.

Vous n’êtes pas payé pendant cette absence mais vous avez la garantie de retrouver votre job (ou son équivalent) et votre rémunération à votre retour.

Votre employeur peut accepter votre demande, la différer (jusqu’à 6 à 9 mois) ou la refuser.

Congé sabbatique : Les conditions pour faire votre demande
 

Vous devez avoir travaillé au moins 6 années, dont trois (consécutives ou non) chez votre employeur. Pour que votre demande soit valable, vous devez l’adresser au moins 3 mois avant votre départ. Votre lettre (en recommandé avec accusé de réception) doit préciser la date de départ et celle de retour.

Comment motiver votre demande ?
 

Même si vous n’avez aucune obligation de justifier votre future absence, il sera quand même difficile de ne pas répondre aux questions que votre chef et vos collègues vous poseront.

Parmi les raisons invoquées le plus souvent : faire un break, réaliser un projet personnel, créer une activité (non concurrente de celle de votre employeur) ou prendre un autre travail salarié.

Je vous conseille de donner des explications de vive voix plutôt que par écrit.

Les meilleurs motifs pour ne pas passer pour un paresseux ou un frondeur
 

Les meilleurs motifs tournent autour des projets personnels : tour du monde, construction d’une maison, formation longue, rapprochement avec un enfant parti étudier à l’étranger, développement d’une activité associative, écriture d’un livre ou réalisation d’un film ou encore d’une étude… Autant d’activités dynamiques «anti-paresse» qui ne condamnent en rien votre retour.

Les deux motifs à éviter : création d’entreprise et poste salarié dans une autre entreprise. Dans ces deux cas, c’est l’aveu direct de votre malaise actuel. Et si vous revenez ensuite à votre poste, cela peut être vécu comme un échec difficile à assumer.

Les plus qui vous permettront de partir sereinement
 

Le plus important est de préparer le terrain avec votre manager. Ne le mettez pas devant le fait accompli. Je vous recommande de lui en parler bien avant les 3 mois réglementaires et de faire le maximum pour que votre absence soit vécue avec le moins de heurts possibles, quitte à former votre remplaçant.

Préparer sereinement son départ c’est aussi anticiper les conditions du retour.

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Gilles Payet est formateur, consultant RH et éditeur du site www.moncoachingemploi.fr sur lequel il édite des fiches pratiques et propose du coaching sur la recherche d'emploi et l'efficacité professionnelle.