Contrôle des chômeurs par Pôle emploi: Pas de «flicage» ni d'«objectifs quantitatifs»

EMPLOI Le ministre du Travail et le directeur général de Pôle emploi défendent le nouveau dispositif de contrôle des chômeurs...

L.C.

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François Rebsamen à la sortie du conseil des ministres, le 11 février 2015 à Paris.
François Rebsamen à la sortie du conseil des ministres, le 11 février 2015 à Paris. — VILLARD/SIPA

Pôle emploi a décidé mercredi de généraliser le dispositif de contrôle des chômeurs, expérimenté dans trois régions en 2013 et 2014. Des équipes spéciales (200 postes à temps plein) seront affectées à cette mission dès le mois d’août.

L’adoption de cette mesure fait grincer des dents e certains syndicats et associations de chômeurs, tandis que les chiffres du chômage ne s’améliorent pas. Le directeur de Pôle emploi et le ministre du Travail sont montés au créneau ce mercredi pour expliquer et défendre cette décision.

Pas de « flicage »

Pour le gouvernement, l’objectif du contrôle des chômeurs n’est pas de « modifier les chiffres du chômage », mais de mieux accompagner les chômeurs de longue durée.

Le ministre du Travail se défend de tout « flicage ». « Dans la loi, il est marqué que les demandeurs d’emploi doivent chercher un emploi, Pôle emploi doit contrôler, c’est normal d’appliquer », a rappelé François Rebsamen devant l’association des journalistes parlementaires.

De manière ciblée, aléatoire, ou sur signalement, un chômeur pourra être contrôlé par étapes successives (mail, téléphone, entretien en face-à-face) et radié en cas d’« insuffisance de recherche d’emploi ».

Repérer les chômeurs les plus précaires

Selon François Rebsamen, les expérimentations menées par Pôle emploi « ont montré qu’y compris les chômeurs qui avaient abandonné (leurs recherches), étaient satisfaits d’avoir eu des contacts pour se relancer ».

Le directeur général de Pôle emploi Jean Bassères est également satisfait de l’impact des tests menés en 2013 et 2014, qui ont permis de « repérer » les chômeurs les plus en difficulté et de redynamiser la recherche d’emploi, sans objectifs de radiations.

« On ne peut pas laisser les personnes s’enkyster dans le chômage de longue durée », insiste également François Rebsamen, qui a annoncé ce mercredi la création d’une prime mensuelle de 300 euros pour les chômeurs de plus de 60 ans en situation précaire.

Dissocier les fonctions de contrôle et d’accompagnement

Cette mission de contrôle ne se fera pas au détriment de l’accompagnement des chômeurs, assure la direction de Pôle emploi. « La clé, c’est la séparation des fonctions de contrôle et de conseil », affirme Jean Bassères, pour qui le déploiement d’équipes chargées du contrôle permettra aux agents de se concentrer sur leur rôle de conseil auprès des personnes sans emploi.

D’après Pôle emploi, au cours de l’expérimentation du dispositif, certaines personnes qui ne recherchaient plus d’emploi n’ont finalement pas été sanctionnées. « On a estimé que la réponse était d’abord une remise en dynamique de recherche d’emploi », explique Jean Bassères.