Voici les secteurs qui embaucheront jusqu'en 2022

EMPLOI Un document de plus de 400 pages ébauche trois scénarios pour la période 2012-2022...

Nicolas Bégasse
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Illustration: travail dans des bureaux.
Illustration: travail dans des bureaux. — SOLAL/SIPA

La boule de cristal de l’emploi en France. Un document de plus de 400 pages, rédigé par France Stratégie et le service des statistiques du ministère du Travail (Dares) ébauche trois scénarios pour la période 2012-2022. Le scénario principal prévoit la création de «177.000 emplois par an en moyenne», et un chômage à 8% en 2022. Comme l’a souligné le ministre du Travail François Rebsamen lors de la remise du rapport, «l'identification des métiers de demain est un enjeu crucial», 20 Minutes vous présente donc les perspectives de création de postes de chaque catégorie professionnelle.

Les métiers de soins

A l’exception des médecins, «l’ensemble des professions de soins et d’aide aux personnes fragiles devrait bénéficier d’une forte dynamique de l’emploi», prévoit le rapport. Les mieux lotis seront les aides à domicile, aides-soignants et infirmiers. La raison? La population vieillit et la prise en charge par les familles est moins évidente qu’auparavant. Les assistantes maternelles aussi vont voir leur nombre augmenter, la prise en charge des jeunes enfants étant encore insatisfaisante.

Les métiers très qualifiés

On aura besoin de plus de cadres et de managers dans les prochaines années, notamment en raison des nombreux départs à la retraite qui se profilent. Dans l’ingénierie, l’informatique et la recherche et développement, c’est différent: on recrute jeune, du coup les départs à la retraite sont moindres, mais le secteur de la recherche et des nouvelles technologies va continuer de créer de nombreux emplois. Même chose dans le domaine de l’information et communication (y compris dans le monde des arts et spectacles), qui bénéficiera de «l’essor du multimédia et des activités audiovisuelles».

Bâtiment, transport et logistique

Les créations d’emplois dans le transport et la logistique devraient être limitées à cause de la hausse du prix de l’énergie. Heureuses exceptions: les agents des services d’exploitation, les cadres et les navigants de l’aviation. Le bâtiment sera quant à lui porté par la hausse du nombre de ménages et l’adaptation aux normes environnementales et au vieillissement de la population -des postes d’architectes, techniciens et agents de maîtrise se créeront.

Commerce et services

Les «nouveaux modes de consommation privilégiant le bien-être et les loisirs» devraient compenser le peu de départs à la retraite pour les vendeurs, employés de l’hôtellerie et de la restauration, coiffeurs, esthéticiens et animateurs culturels ou sportifs. Côté commerce, à l’exception des caissiers, on ne devrait pas trop mal s’en tirer, en raison par exemple de l’élargissement des horaires d’ouverture.

Dans l’industrie

«La sophistication croissante des équipements» favorisera les techniciens et agents de maîtrise, tandis que les réparateurs automobiles tireront leur épingle du jeu grâce au moindre remplacement des véhicules. En contrepartie, l’emploi ouvrier continuera de se replier, même si «compte tenu de leur fort turnover, ces métiers devraient continuer à offrir des opportunités d’embauche à des jeunes en phase d’insertion professionnelle».

Fonction publique

Dans le public plus encore que dans le privé, les perspectives de création de postes dans l’administration, le secrétariat de direction ou la comptabilité sont faibles. Le nombre de militaires, policiers et pompiers va se réduire, mais le recrutement se poursuivra en raison de la courte durée des carrières dans ce secteur. Le rythme de créations d’emplois dans l’enseignement sera lui aussi faible, même si les départs à la retraite «vont engendrer un volume important de postes à pourvoir parmi les enseignants», écrit le Dares.

Employés de maison et agents d’entretien

Peu d’emplois seront créés, mais la moyenne d’âge actuelle élevée de ces professions va mécaniquement engendrer de nombreux postes à pourvoir d’ici à 2022.

Agriculteurs

C’est le métier où les perspectives de créations de postes sont les plus faibles: agriculteurs, éleveurs et sylviculteurs verront de nombreux départs à la retraite, qui ne seront pas tous remplacés par l’installation de jeunes exploitants ou par l’embauche de nouveaux salariés.