Pourquoi les patrons de PME ont du mal à recruter

TRAVAIL Cette année, les employeurs pensent qu’ils auront du mal à trouver le bon candidat dans 32,4% de leurs projets d'embauche, selon une étude de Pôle emploi...

Céline Boff

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Curriculum vitae lors d'un entretien de recrutement.
Curriculum vitae lors d'un entretien de recrutement. — JAUBERT/SIPA

Alerte bonnes nouvelles. Non seulement les employeurs français prévoient de recruter davantage cette année (+2,3% par rapport à 2014), mais ils s’attendent en plus à rencontrer moins de difficultés pour trouver les bonnes personnes, révèle l’enquête «Besoins en main-d’œuvre», réalisée par Pôle emploi et publié jeudi.

Autrement dit, les patrons pourraient concrétiser davantage de projets d’embauche en 2015, alors que l’an dernier, 80% de ceux qui prévoyaient de recruter sont effectivement passés à l’action. Concrètement, les employeurs estiment que «seuls» 32,4% de leurs projets de recrutement seront difficiles cette année, contre 42,6% en 2012. En trois ans à peine, la chute est donc de 10 points.

Seule constante: la difficulté est inversement proportionnelle à la taille de l’entreprise. «Les PME de moins de 50 salariés sont celles qui embauchent le plus et qui rencontrent le plus de difficultés dans leurs recrutements», détaille Thomas Cazenave, directeur général adjoint Stratégie chez Pôle emploi.

Le savoir-être plus important que le savoir-faire

Le parcours de recrutement de ces employeurs est d’autant plus difficile qu’ils «recourent peu aux professionnels de l’emploi. C’est souvent le patron lui-même qui gère les embauches et il se sert de son réseau et du bouche à oreille» pour dénicher le bon candidat, précise Thomas Cazenave.

Dans ces PME, les patrons expliquent qu’ils recrutent avant tout des personnes pour leur savoir-être, plus que pour leurs savoirs-faires, d’autant plus qu’ils attendent de leurs futures recrues des compétences transverses. 

Quand on leur demande pourquoi ils ont du mal à concrétiser certains recrutements, les employeurs mettent en avant le manque de candidats -c’est particulièrement vrai pour les métiers qualifiés tels que les techniciens en mécanique ou les professionnels paramédicaux- ou encore l’inadéquation de leurs profils.

«En clair, ils reçoivent des candidatures mais les CV ne correspondent pas exactement aux besoins de l’entreprise», précise Thomas Cazenave. C’est notamment le cas lorsque les entreprises cherchent à recruter des ingénieurs ou des chefs de chantier.

Des conditions de travail difficiles

Enfin, et c’est nouveau, les patrons pointent également du doigt les conditions de travail qu’ils proposent: plus d’une entreprise sur deux (51%) reconnaît qu’elles sont difficiles. Soit parce que le salaire offert est faible, soit parce que les horaires sont contraignants ou encore parce que la formation continue est quasi inexistante. Et même, souvent, parce que ces trois items se cumulent… «Ce qui est nouveau, c’est que les employeurs commencent à prendre conscience de ces aspects», estime Thomas Cazenave.

Les métiers où les entreprises rencontrent le plus de difficultés à recruter sont ceux des services aux particuliers, notamment les aides à domicile et les aides ménagères, et de la restauration, mais aussi les professionnels de l’animation socioculturelle.