Le chômage repart à la hausse au mois de février (+0,4%)

EMPLOI Pôle emploi a publié ce mercredi ses chiffres pour février 2015...

Delphine Bancaud

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Un entretien dans une antenne de Pôle emploi dans le nord de la France, en août 2014
Un entretien dans une antenne de Pôle emploi dans le nord de la France, en août 2014 — Philippe Huguen AFP

Une information qui sera particulièrement scrutée avant le second tour des départementales. Le ministère du Travail a publié ce mercredi le nombre de nouveaux inscrits à Pôle emploi en février.

Mauvaise nouvelle pour le gouvernement: après une baisse de 0,5% en janvier, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans aucune activité dans le mois) en France métropolitaine repart un peu à la hausse par rapport à la fin janvier 2015 (+0,4%) pour s’établir à 3,49 millions de personnes. Sur un an, il croît de 4,6%.

La hausse est légèrement moins forte avec l'outre-mer: +0,3%, à 3,75 millions. Mais en incluant les chômeurs ayant exercé une petite activité, le chômage atteint de nouveaux records, à 5,26 millions en métropole et 5,56 millions en France entière.

«Le chômage de masse concerne en France quasi-exclusivement les travailleurs peu qualifiés»

Les demandeurs d'emploi en activité réduite plus nombreux aussi

Sur les autres catégories B et C (les chômeurs ayant une activité réduite, les nouvelles ne sont pas réjouissantes avec une augmentation de 1,4 % sur un mois pour l’activité réduite courte (catégorie B, +6% sur un an) et de 0,8 % pour l’activité réduite longue (catégorie C, +13,5% sur un an).

La seule bonne nouvelle concerne les personnes inscrites à Pôle emploi en catégories D (sans emploi, mais non immédiatement disponibles) et E (personnes ayant un emploi, mais inscrites à Pôle emploi). En février, le nombre d’inscrits en catégorie D diminue de 1,3 % et le nombre d’inscrits en catégorie E diminue de 0,3%.

Rebsamen essaye de positiver

Mais plutôt que la hausse de février, le ministre du Travail François Rebsamen préfère mettre l'accent, dans un communiqué, sur la légère baisse (-6.300, -0,2%) enregistrée en catégorie A (sans aucune activité) sur les deux premiers mois de l'année. Un chiffre «encourageant», selon lui, et une « première » depuis 2008.

Autre élément de satisfaction pour  lui: le chômage des jeunes baisse pour le deuxième mois consécutif (-0,3% sur un mois), mais reste stable sur un an. Cela atteste, selon le ministre, du «succès» des dispositifs en faveur des jeunes (emplois d'avenir, garantie jeunes). En revanche, la situation continue de se dégrader pour les seniors: +0,7% sur un mois, +9,1% sur un an. Même constat pour le chômage de longue durée. Fin février, petite activité comprise, 2,28 millions de personnes pointaient à Pôle emploi depuis plus d'un an, un chiffre en explosion (+0,8% en février, +9,5% sur un an).

Une épine pour le gouvernement

Une hausse du chômage qui pourrait donner du grain à moudre à l'opposition en cette période de campagne électorale. D'autant qu'elle est déjà en mauvaise posture après avoir été éliminée d'un quart des cantons dès le premier tour.

Le ministre du Travail promet malgré tout «une année 2015 meilleure que 2014», avec «une stabilisation, voire une baisse du chômage» à la fin de l'année.