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cocoricoCinq domaines (économiques) où la France bat enfin l’Allemagne

« La France, c’est l’Allemagne en mieux » ?…. 5 indicateurs économiques pour y croire

cocoricoLongtemps envieuse du fameux « modèle allemand » en matière d'économie européenne, la France dispose de plus en plus d’atouts
Qui aurait cru que la revanche de Séville 1982 se ferait en termes de croissance économique ?
Qui aurait cru que la revanche de Séville 1982 se ferait en termes de croissance économique ? - DR avec AFP et Canva / DR avec AFP et Canva
Jean-Loup Delmas

Jean-Loup Delmas

L'essentiel

  • Il fait moche, froid, et Noël n’est que dans trois semaines… Pour ne pas trop déprimer, 20 Minutes s’est amusé à un petit jeu : se comparer aux Allemands et estimer qu’on était meilleurs qu’eux.
  • Attention, on ne parle pas des évidences du genre « la gastronomie française est supérieure » ou « je préfère la Côte d’Azur à la Mer baltique » (merci pour la révélation), mais de les prendre sur leur propre terrain : l’économie.
  • Plusieurs indicateurs montrent une – lente et loin d’être aboutie – remontada française. Et n’oubliez pas : tout cela est évidemment subjectif.

Si vous êtes nés en France entre les années 1980 et 2010, l’Allemagne doit vous évoquer deux images : Séville 1982, où l’équipe de football germanique avait battu des tricolores un poil trop romantiques en demi-finale de Coupe du monde, et le fameux « modèle allemand » en matière d'économie. Pendant longtemps, Berlin a incarné la locomotive européenne, le seul bon élève du Vieux continent à avoir su garder la fougue de la jeunesse en matière de croissance.

Mais avec le temps, même les grands mythes s’effritent. Depuis plusieurs années, au foot, la France domine son voisin. Et serait à deux doigts de faire de même au niveau de l’économie, à en croire l’hebdomadaire allemand Der Spiegel. En septembre, ce dernier livrait une tribune au titre explicite : « La France, c’est l’Allemagne en mieux ! ». Puisqu’on est un poil chauvin (un poil), on a décidé de prouver que Der Spiegel a raison : voici cinq indicateurs économiques où la France est la plus forte.

La croissance

A tout seigneur, tout honneur, commençons par le mot-compte-triple, le but en dehors de la surface qui finit en lucarne, le strike au bowling : LA CROISSANCE. La France s’appuie sur une croissance deux fois plus rapide que l’Allemagne depuis cinq ans, hors 2020 durant la pandémie, où Paris s’était beaucoup plus pris les pieds dans le tapis que Berlin. Mais même avec le pangolin, sur l’ensemble de la période 2018-2023, la croissance française a atteint 5,5 % quand celle de l’Allemagne a plafonné à 2,5 %, selon la Banque mondiale. Allez hop, dans le rétroviseur les Allemands.

Les coûts de production

Selon le Boston Consulting Group, en 2022, un produit français était moins cher à produire qu’un produit allemand, si on prend en compte l’ensemble des coûts salariaux, d’énergie et de transport. Plus précisément, un produit fabriqué en France et exporté aux Etats-Unis revient 15 % plus cher par rapport à une production directement chez l’Oncle Sam, quand c’est 20 % plus cher pour un produit allemand.

Un avantage non négligeable dans la guerre que se livrent les pays pour disposer de la meilleure compétitivité. En 2019, lors de la dernière évaluation du Boston Consulting Group, l’Allemagne était devant la France.

L’attractivité pour les investissements étrangers

Pour la quatrième année consécutive, la France trône en tête de l’Europe pour l’accueil des investissements étrangers. En 2022, 1.259 IDE (investissement direct étranger) sont nés en France, selon le cabinet d’audit et de conseil EY, contre 832 en Allemagne, troisième pays européen. Et pour ne pas bouder notre plaisir, on dépasse donc non pas un, mais deux voisins honnis du sport, puisque c’est le Royaume-Uni qui figure en deuxième position avec 929 IDE.

Le nombre de champions économiques

Autre fierté nationale, la France demeure le pays d’Europe à compter le plus de places dans le très convoité Top 100 des entreprises mondiales les plus précieuses (comprendre : les mieux valorisées en bourse). Dans le dernier classement du cabinet EY, en décembre 2022, la France en place cinq : LVMH (15e), L’Oréal (49e), Hermès (58e), TotalEnergies (62e) et Christian Dior (84e). Le succès du luxe, l’une des industries qui a su le mieux rebondir pendant et après le Covid, explique cette domination française. Pendant ce temps, aucune entreprise allemande ne figure dans le top 100 (ces gros nuls), la mieux valorisée étant l’éditeur de logiciels SAP, valorisé à 121 milliards de dollars, à peine 106e.

L’inflation

Alors oui, les esprits chagrins diront qu’actuellement, l’inflation est légèrement plus basse en Allemagne (3,2 % sur un an) qu’en France (3,4 %). Mais en prenant l’ensemble de la crise « emballement très énervé des prix » depuis la guerre en Ukraine, la France aura beaucoup moins souffert que son voisin outre-Rhin.

Au total, sur 2023, les deux pays devraient subir le même coup de poing à la caisse, puisque la Banque de France et l’institut de Kiel prévoient une inflation annuelle de 5,8 %. Mais en 2022, au plus fort de la crise, la France a connu une hausse des prix de « seulement » 5,2 %, contre 6,9 % pour l’Allemagne.

Evidemment, dans notre sélection, on aura volontairement oublié de parler du taux de chômage, du PIB, de la dette ou de la balance commerciale… Avouons-le : l’économie française reste globalement inférieure à celle de notre voisin. Par contre, au football, en toute objectivité, on est largement meilleur. C’est déjà ça.

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