Accidents, jeunesse, modèle du véhicule… Quels facteurs jouent sur le prix d’une assurance automobile ?

EN ROUTE La couverture assurantielle représente un poste de budget important pour les automobilistes. En fonction de leur profil et de leur contrat, la facture peut passer du simple au triple

Julie Polizzi pour 20 Minutes
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En fonction de votre profil, le montant de la prime auto peut varier du simple au triple selon les assureurs.
En fonction de votre profil, le montant de la prime auto peut varier du simple au triple selon les assureurs. — IStock / City Presse

Le coût des assurances automobiles est à la hausse depuis quelques années. Entre 2015 et 2018, les automobilistes ont vu leurs cotisations annuelles grimper d’une trentaine d’euros, pour atteindre un tarif moyen de 618 euros au niveau national. Et les cabinets d’études du secteur annoncent une augmentation comprise entre 1 et 2 % en 2020. Mais payer toujours plus cher n’est pas une fatalité.

Une question de risque

Que ce soit en auto, en habitation  ou en santé, le calcul d’une prime d’assurance est toujours le même : « il s’agit avant tout d’évaluer un risque », explique Stanislas di Vittorio, fondateur du comparateur Assurland.com. En clair : combien la protection va-t-elle coûter à la compagnie ? Cela dépend du potentiel du conducteur à subir des sinistres, évalué en fonction de multiples facteurs, mais aussi des coûts de réparation, selon le type d’auto, et d’indemnisation s’il faut prendre en charge des soins.

Une fois cette « prime pure » établie, il faut encore la charger de différents frais : le coût de gestion de l’assureur, la marge qu’il se ménage, ainsi que les cotisations obligatoires et taxes, au titre par exemple de la responsabilité civile et des divers fonds d’aide aux victimes.

Le jeu des algorithmes

Comme on l’a dit, le cœur de l’équation consiste à évaluer le risque potentiel que représente l’assuré. Et c’est un algorithme qui s’en charge, en croisant son profil avec la base statistique de l’assureur. Une myriade de facteurs corrélés entre eux pèsent alors dans la balance. Bien entendu, le nombre d’accidents à son actif ne joue pas en sa faveur. Pas plus que sa jeunesse, puisque statistiquement, un jeune est beaucoup moins prudent au volant. Le modèle du véhicule et son ancienneté ont aussi leur importance, les citadines et les sportives étant pénalisées par rapport aux berlines. Stationner dans la rue et avaler les kilomètres sont également des mauvais points. Sans oublier le lieu de résidence, la situation familiale ou encore la profession du chauffeur.

Le profil idéal ? « D’un point de vue statistique, il faut avoir 50 ans, des enfants, vivre dans un coin tranquille et être fonctionnaire », résume Stanislas di Vittorio. À l’inverse, les hommes, a fortiori jeunes, sont ceux qui ont le plus d’accidents. C’est la raison pour laquelle les modèles d’assurance tenaient compte du sexe, jusqu’à ce qu’un arrêt de 2011 de la Cour de Justice des communautés européennes juge le critère discriminatoire. Depuis, le lissage des tarifs entre les sexes s’est fait au détriment des femmes, selon une étude d’Assurland.com, qui fait état d’une hausse de leurs primes de 6 % entre 2008 et 2018, tandis que celles de ces messieurs baissaient d’autant.

Des modèles divergents

Avec un tel nombre de facteurs, il est facile d’avoir une prime automobile élevée. Mais ce n’est pas inéluctable. « Les modèles statistiques sont propres à chaque société d’assurance et peuvent être très divergents en fonction du profil, commente le fondateur d’Assurland.com. Pour des garanties similaires, on constate des écarts de prix allant parfois de 1 à 3. En revanche, il n’y a pas d’assureur globalement moins cher. Cela dépend de chaque profil. »

On l’aura compris, les automobilistes ont tout intérêt à multiplier les devis auprès de plusieurs compagnies pour obtenir le meilleur tarif. Mieux vaut d’ailleurs effectuer l’exercice tous les deux ou trois ans, avant que les hausses de primes annuelles ne finissent par sérieusement alourdir la facture. Avec un véhicule plus ancien et aucun sinistre pendant quelques années, l’assuré pourrait sans doute profiter d’un prix plus attractif en signant un nouveau contrat.