Énergie solaire : comment passer à l’autoconsommation ?

ARGENT Grâce à la baisse du coût du matériel, il est aujourd’hui rentable d’installer des panneaux solaires pour produire et consommer sa propre énergie

Julie Polizzi pour 20 Minutes

— 

Désormais rentable, l'autoconsommation photovoltaïque séduit de plus en plus de particuliers.
Désormais rentable, l'autoconsommation photovoltaïque séduit de plus en plus de particuliers. — IStock / City Presse

La politique du photovoltaïque n’a cessé de faire le yo-yo en France depuis une décennie. Résultat, d’après EDF, l’énergie solaire ne représentait que 2,3 % de la consommation électrique nationale en 2018. Il n’empêche, la dynamique de raccordement a progressé en flèche cette année-là (+ 45 %) en raison d’une baisse des coûts d’installation et d’un petit coup de pouce étatique. De quoi convaincre plus d’un propriétaire de franchir le cap.

Un projet à mûrement réfléchir

Produire sa propre électricité présente de multiples avantages : outre l’utilisation d’une énergie propre et abondante, vous réduisez votre facture et votre dépendance à un réseau très sollicité. Mais encore faut-il concevoir judicieusement son projet pour dimensionner au mieux sa future installation. L'Ademe (l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) estime ainsi qu’une installation photovoltaïque de 25 m2 permet de produire environ 2.500 kWh par an, soit l’équivalent de la consommation électrique (hors chauffage, cuisine et eau chaude) d’une famille de quatre personnes.

Il convient tout d’abord d’analyser en détail vos factures pour établir vos besoins mais aussi de déterminer le potentiel de production de votre habitation. En fonction de l’ensoleillement naturel de votre territoire et de l’orientation de votre toit, idéalement positionné plein sud et ne subissant aucune ombre portée par des bâtiments voisins, vos panneaux seront en effet plus ou moins performants. Pour un rendement optimal, il est enfin essentiel que votre logement soit peu énergivore, ce qui peut impliquer de réaliser des travaux d’isolation préalables. Il est possible d’obtenir des conseils gratuits auprès du réseau public Faire  (au 0 808 800 700) et dans des antennes locales.

Un investissement conséquent

Afin de déterminer l’importance de votre installation, vous devez aussi tenir compte de votre objectif de gestion. Vous pouvez choisir de dimensionner votre projet afin de couvrir vos seuls besoins annuels. On parle d’autoconsommation totale. Vous pouvez sinon voir un peu plus grand et stocker l’énergie non consommée dans des batteries ou choisir de revendre ce surplus à un organisme habilité. Selon l'Institut national de la consommation (INC), c’est cette dernière option qui est aujourd’hui la plus sécurisée mais aussi la plus avantageuse financièrement.

Si les progrès technologiques ont permis de diminuer le prix des panneaux photovoltaïques, la facture d’un tel chantier reste salée. À titre indicatif, l’INC estime qu’une installation de 3 kW coûte entre 7.000 et 9.000 euros. Or, vous ne pouvez compter ni sur le crédit d'impôt pour la transition énergétique ni sur l’éco-prêt à taux zéro pour financer ces travaux. En revanche, un taux de TVA réduit à 10 % s’applique si la puissance ne dépasse pas 3 kW. De plus, une prime à l’investissement a été mise en place en 2017 pour l’autoconsommation avec vente du surplus. L’aide est de 390 euros/kW pour une puissance de moins de 3 kW, de 290 euros/kW entre 3 et 9 kW et de 190 euros au-delà. Vous toucherez ensuite 10 centimes d’euro par kW de surplus revendu. Des aides locales complémentaires sont possibles selon les territoires. Renseignez-vous auprès de la mairie, du département et de la région.

Les démarches pour concrétiser votre projet

  • L’accord municipal : l’installation de panneaux photovoltaïque implique de déposer une demande d’autorisation préalable auprès de votre mairie. Si vous résidez en copropriété, un vote en assemblée générale doit aussi approuver ce chantier.
  • L’autorisation d’Enedis : pour revendre une partie de votre production solaire, vous devez adresser une demande de raccordement au réseau public d’électricité. Le gestionnaire a entre un et trois mois pour vous adresser un devis.
  • Le choix d’un artisan labellisé : pour avoir droit aux aides publiques, le professionnel doit être qualifié RGE (« reconnu garant de l’environnement »). Vous pouvez utiliser l’annuaire de la plateforme officielle Faire.