Achat immobilier: un frais annexe peut en cacher un autre

ARGENT Les faibles taux d’intérêt incitent de nombreux ménages à se lancer dans l’aventure de la propriété immobilière. Mais entre le prix de vente affiché et le coût total à débourser, il y a une vraie différence

Julie Polizzi pour 20 Minutes

— 

Une acquisition immobilière cache de nombreux frais sous-estimés par les acheteurs.
Une acquisition immobilière cache de nombreux frais sous-estimés par les acheteurs. — IStock / City Presse

Évaluer un budget d’achat immobilier n’a rien d’évident. Et pour cause, puisque les simulations effectuées à la va-vite sur Internet sont loin de prendre en compte tous les frais inhérents à une telle acquisition. Pour avoir un ordre d’idée, sachez par exemple que, pour une maison achetée à 300.000 euros, il faut au bas mot débourser près de 450.000 euros. Sans compter d’autres coûts en sus.

De nombreuses taxes

Après le prix du logement à proprement parler, le premier poste de dépenses à prévoir est bien entendu celui des « frais de notaire ». Cette déformation de langage désigne en réalité de multiples frais qui sont réglés en même temps dans le bureau de l’office notarial mais ne reviennent pas, pour la plupart, à ce professionnel.

La majorité de cette enveloppe est en effet constituée par les droits de mutation à titre onéreux, autrement dit les impôts et taxes liés à votre acquisition. Entre le droit départemental, la taxe communale et le prélèvement pour frais d’assiette et de recouvrement, il faut compter presque 8 % du prix pour un bien ancien, contre 2 à 3 % pour un achat dans le neuf. Les émoluments du notaire, c’est-à-dire sa rémunération, sont quant à eux limités par la loi à 0,814 % pour une transaction de plus de 60.000 euros. Des honoraires, cette fois libres, peuvent en outre s’ajouter pour une prestation annexe non réglementée, comme une consultation juridique par exemple. Enfin, l’officier public peut vous demander des frais et débours qui correspondent à un remboursement des sommes qu’il a avancées pour la transaction (moins de 1 % du prix du bien).

Des à-côtés onéreux

Si l’acheteur convoite une maison dont les propriétaires ont fait appel à une agence immobilière, il va également falloir passer à la caisse. Bien qu’en principe, ces frais soient à la charge du vendeur, ils sont en général intégrés au tarif de vente final. Parfois, le contrat prévoit même un autre mode de répartition. Il faut donc savoir que la commission de l’agence s’élève entre 3 et 7 % du tarif du bien.

De même, il est d’usage que les deux parties partagent les impôts locaux et éventuelles charges de copropriété dus au titre de l’année de la vente. Le calcul se fait alors au prorata des mois d’utilisation du bien. Sur une facture totale de 1.200 euros par an, il faudra par exemple régler 800 euros si l’emménagement à lieu au 1er mai.

À moins d’avoir un important apport en cash, il faudra par ailleurs en passer par un crédit immobilier pour financer ce nid douillet. Et attention, outre le fameux taux d’intérêt, il faut aussi prendre en compte les frais de dossier, les assurances incontournables voire des frais de caution ou d’hypothèque. Pour connaître le coût réel d’un emprunt, il faut se reporter au taux annuel effectif global ou TAEG, obligatoirement mentionné dans les offres.