Fiscalité: Allez-vous (vraiment) bénéficier de gains de pouvoir d’achat en 2018?

BUDGET Le gouvernement a lancé ce jeudi un simulateur en ligne pour évaluer ses gains potentiels de pouvoir d’achat…

C.P.

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Illustration de billets de banque.
Illustration de billets de banque. — LODI FRANCK/SIPA

Profitera ou profitera pas ? Alors que l’Assemblée nationale doit adopter définitivement ce jeudi le projet de budget 2018, l’heure de vérité est venue pour les contribuables français. Vont-ils récupérer « un 13e mois » comme le promettait le ministre de l'Action et des comptes publics, Gérald Darmanin, le 18 septembre ? Ou vont-ils au contraire pâtir en 2018 de la hausse de « d’environ 4,5 milliards d’euros » des prélèvements sociaux « qui ôterait - 0,3 point à l’évolution du pouvoir d’achat », comme le prévoyait mardi l’Insee.

Un calendrier fiscal défavorable ?

A quelques heures du vote qui doit entériner l’adoption de plusieurs réformes phares du gouvernement en faveur du pouvoir d’achat (suppression progressive de la taxe d’habitation, baisse des cotisations salariales…) mais aussi de plusieurs hausses de prélèvements, la dernière note de conjoncture de l’Insee sème le doute.

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Selon ses prévisionnistes de l’Insee, le compte en effet n’y est pas : « Au premier semestre 2018, malgré le dynamisme des revenus d’activité, le pouvoir d’achat du RDB [revenu brut disponible des ménages] marquerait le pas, du fait du calendrier fiscal et en particulier du relèvement de la fiscalité indirecte sur les produits énergétiques et sur le tabac », note l’Insee dans sa note. Les mesures défavorables au pouvoir d’achat (hausse de la CSG, de la fiscalité sur le tabac et les produits pétroliers) seront en effet concentrées sur le début d’année, tandis que les mesures favorables, en particulier la suppression de la taxe d’habitation, interviendront en fin d’année.

« Les promesses ont été tenues »

Une analyse balayée par Amélie de Montchalin, chef de file LREM de la Commission des finances : « Dès le mois de janvier, les Français verront sur leur feuille de paye qu’ils ont un petit gain de pouvoir d’achat, qui deviendra beaucoup plus grand en octobre. D’ailleurs, pour les ménages qui sont mensualisés à la taxe d’habitation, la baisse du mois d’octobre sera visible dès le 1er janvier, a-t-elle expliqué mercredi sur France Info. L’Insee, par exemple, parle de la fiscalité du tabac. On n’a jamais pensé que les gens allaient fumer autant si on augmente le prix du paquet de cigarettes. Il est bien prévu que ça ne rapporte pas autant que ce que dit l’Insee. Les Français vont forcément fumer moins. C’est un objectif et on l’assume ».

Même tonalité ce jeudi dans l’hémicycle : « Les promesses ont été tenues », a assuré le rapporteur général du Budget, Joël Giraud (LREM, issu du PRG).

Un simulateur lancé par Bercy

Pour que chacun voie « l’augmentation de pouvoir d’achat »., Gérald Darmanin a d’ailleurs invité les contribuables à consulter le site de simulation lancé ce jeudi par le gouvernement.

Cet outil doit permettre à chacun de savoir « s’il bénéficiera des baisses de la taxe d’habitation et des cotisations sociales qui prendront effet dès 2018 », écrit le ministère dans un communiqué. Les contribuables pourront aussi calculer leurs potentiels gains de pouvoir d’achat l’an prochain, en 2019 et sur toute la durée du quinquennat. Bercy assure ainsi que « dès l’année prochaine, plus de six ménages sur dix bénéficieront de gains de pouvoir d’achat, qui s’élèveront à 864 euros en moyenne d’ici la fin du quinquennat »

Pour savoir si vous faites partie des heureux élus, il suffit de vous munir du dernier montant de votre taxe d’habitation, de votre revenu fiscal de référence ainsi que du nombre de parts qui composent votre foyer fiscal pour effectuer une simulation.