Bercy cherche une solution pour pallier le «syndrome des yachts»

POLÉMIQUE La suppression de l’ISF a laissé un angle mort sur les biens mobiliers que veut combler l’exécutif…

O. P.-V. (avec AFP)

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Paris le 28 janvier 2013. Illustration facade ministere des finances. Bercy. Drapeau francais.
Paris le 28 janvier 2013. Illustration facade ministere des finances. Bercy. Drapeau francais. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Risque de secousse dans les prochains jours pour le gouvernement, à la suite du remplacement annoncé de l’impôt sur la fortune (ISF) par un impôt sur la fortune immobilière (IFI), avec quelques oublis au passage. Bercy a décidé de « favoriser les propositions des députés » de la majorité pour combler un angle mort du texte, indique Challenges.

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En ce sens, le député LREM Joël Giraud, rapporteur du budget, a jugé souhaitable vendredi de «revoir» certains aspects de cette réforme de l'ISF afin de taxer certains produits de luxe, comme les yachts, les jets privés ou les chevaux de course.

«Des symboles de ce genre doivent être beaucoup plus taxés»

La réforme de l'ISF, prévue dans le cadre du projet de loi de finances 2018, va permettre «de réinjecter des liquidités dans l'économie» mais doit être corrigée concernant certains aspects, assure Joël Giraud dans une interview au Parisien.

«Les yachts, les jets privés, les chevaux de course, les voitures de luxe ou encore les lingots d'or ne sont plus pris en compte dans le nouvel impôt sur la fortune immobilière», explique le député, ex-PRG rallié à la majorité présidentielle. «Ce n'est pas possible! Des symboles de ce genre doivent être beaucoup plus taxés», ajoute-t-il. «Un yacht, c'est m'as-tu-vu, ce n'est pas productif pour l'économie».

Un manque à gagner de près de 3,2 milliards d'euros pour l'État

Le projet de budget 2018 prévoit de transformer l''ISF, qui touche aujourd'hui 351.000 foyers, en «impôt sur la fortune immobilière», de façon à exempter de taxes les valeurs mobilières et les placements (actions, assurance-vie...).

Cette mesure, censée stimuler l'activité en encourageant les contribuables les plus aisés à investir dans «l'économie réelle», devrait entraîner un manque à gagner de près de 3,2 milliards d'euros pour l'État. Cette réforme suscite de nombreuses critiques, notamment au sein de la gauche, qui a dénoncé un «cadeau» fiscal pour les ménages les plus fortunés, sans garantie sur les retombées économiques du nouveau dispositif.