"Renault n'est plus un constructeur français" : Carlos Ghosn revient sur ses déclarations

AUTO Il assure que Renault est français...

Pierre Desjardins

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Le président de Renault, Carlos Ghosn, le 30 avril 2010. Il a gagné 9,2 millions d'euros en 2009.
Le président de Renault, Carlos Ghosn, le 30 avril 2010. Il a gagné 9,2 millions d'euros en 2009. — G.Fuentes/REUTERS

Hier, Carlos Ghosn est revenu sur ses déclarations fracassantes dans la presse britannique à qui il confiait que « Renault n'est plus un constructeur français » il y a quelques jours. De quoi faire frémir les employés français et qu'il a voulu donc rassurer.

« Renault est français, Renault a sa base en France, mais a une vocation globale » a précisé hier sur l'antenne d'Europe 1 le PDG du groupe Renault-Nissan, revenant sur ses propos tenus lors d'une interview accordée au Financial Times. Sa première déclaration, peut-être un peu maladroite, était en fait à mettre en rapport avec la part toujours plus importante des ventes réalisées en dehors du territoire, même si la France reste son premier marché.
Il a ensuite ajouté que « Pour Renault, la France n'est pas un marché quelconque[...]. Maintenant, il est vrai que l'avenir de l'entreprise ne se résume pas à la France, [...] Tous les constructeurs sont d'abord nationaux, mais vous ne pouvez pas survivre dans l'industrie automobile telle qu'elle est si vous n'avez pas un plan global » avant de terminer par une mention spéciale au Technocentre de Guyancourt qui « va rester un centre très important de conception des voitures de Renault, même dans 10 ans ou 20 ans », car « la conception des voitures et le développement de la technologie resteront fortement ancrés dans le pays d'origine ».
Même si Carlos Ghosn estime qu'au niveau mondial, la crise économique est derrière nous, il ne pense pas que l'Europe soit encore véritablement sorti d'affaire. Toutefois, il souhaite que que Renault-Nissan commence à rembourser le prêt de 3 milliards d'euros accordé par l'Etat français (qui détient toujours 15% du groupe) avant la fin de l'année, alors qu'il était remboursable à partir de 2011, ce qui permettra de limiter le coût des intérêts s'élevant à 6%. Le premier remboursement sera de 500 millions d'euros « minimum ».