Voiture électrique : Un prototype Mercedes fait 1.000 kilomètres sans recharge

AUTONOMIE Le modèle baptisé « EQXX » a réalisé un trajet de 1.008 km entre le centre de recherche de Mercedes-Benz à Sindelfingen en Allemagne et Cassis dans le sud de la France

20 Minutes avec AFP
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Une borne de recharge pour véhicule électrique (illustration).
Une borne de recharge pour véhicule électrique (illustration). — SERGE POUZET/SIPA

Dans la bataille pour l’autonomie, les ingénieurs de Mercedes-Benz ont fait franchir une nouvelle étape aux voitures électriques. Un prototype de la marque a parcouru 1.000 kilomètres sans recharge, avec une batterie similaire en capacité aux modèles actuels, a annoncé jeudi le constructeur. Surtout, cet exploit ne devrait pas tarder à bénéficier aux consommateurs. Le modèle a en effet testé « pour la première fois des technologies qui commenceront à arriver en série dans deux à trois ans », a assuré Markus Schäfer, responsable pour la recherche et le développement au directoire du groupe allemand.

La voiture baptisée « EQXX » a réalisé un trajet de 1.008 km entre le centre de recherche du groupe à Sindelfingen dans le sud de l’Allemagne et Cassis, sur la Riviera française. Elle est arrivée après près de 12 heures, avec l’équivalent de quelque 140 km d’autonomie restante. Relier l’Allemagne au sud de la France permettait de tester « plusieurs profils différents » de routes, températures et pentes, avec notamment le défi de traverser les Alpes italiennes, a relevé Markus Schäfer.

Moins de 10 kWh pour 100 kilomètres

Equipé d’une batterie​ d’une centaine de kilowattheures (kWh), le prototype particulièrement efficient n’a consommé en moyenne que 8,7 kWh pour 100 kilomètres, soit moins de la moitié des modèles comparables actuels. Selon Mercedes, cette expérience montre donc que descendre « près des 10 kWh » est « absolument réaliste même pour une voiture de série dans un avenir proche ».

La recette du succès : profil aérodynamique, récupération de l’énergie de freinage améliorée, une batterie moins lourde, des panneaux solaires sur le toit pour alimenter les systèmes de bord, de nouveaux matériaux plus légers et un système de transmission avec très peu de pertes d’énergie. La même voiture avec « le moteur thermique le plus efficace » aurait consommé « certainement trois à quatre litres » de carburant pour 100 km, selon le responsable : l’énergie électrique consommée équivaut « à peu près à un litre » mais le rendement de la transmission traditionnelle est moins avantageux que la technologie électrique.

Une nouvelle chimie de batterie d’ici 2024

Une nouvelle chimie de batterie permet notamment de la rendre plus dense, donc plus petite et moins lourde pour autant de capacité. Il s’agit de « la prochaine génération de chimie », que le constructeur compte déployer plus largement à horizon 2024.

Actuellement sur le marché, la classe S électrique EQS, actuel fer de lance de l’électrique de luxe du groupe à plus de 100.000 euros, consomme selon l’homologation entre 16 et 17 kWh sur 100 km – souvent plus en conditions réelles. L’autonomie est de 780 km selon la norme WLTP. Les modèles 3 et S du concurrent Tesla affichent jusqu’à 650 km d’autonomie selon WLTP pour une consommation généralement entre 16 et 20 kWh pour 100 km.