Conduite autonome : Un manager d’Uber dresse un constat d’échec

POINT MORT Malgré des recherches qui ont coûté 2,5 milliards de dollars, le modèle autonome du géant californien n’arrive pas à suivre un trajet simple et à effectuer les manœuvres de base

20 Minutes avec agence

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Un véhicule autonome Uber dans les rues de Pittsburgh en mars 2018 (Illustration).
Un véhicule autonome Uber dans les rues de Pittsburgh en mars 2018 (Illustration). — Gene J. Puskar/AP/SIPA

Les recherches d’Uber en matière de voiture autonome sont loin d’avoir été couronnées de succès malgré un investissement de 2,5 milliards de dollars (2,1 milliards d’euros). Ces dépenses étalées sur cinq ans n’ont pas permis aux ingénieurs de réaliser de réelle avancée. Pire, « la voiture ne conduit pas bien », affirme un responsable du service concerné, l’Advanced Technologies Group, dans un email adressé à son PDG Dara Khosrowshahi il y a trois semaines.

Dans le message que s’est procuré The Information, le manager dresse un constat décourageant. L’équipe « n’a tout simplement pas réussi à évoluer et à obtenir des réussites significatives pendant une si longue période qu’il faut dire quelque chose avant qu’un désastre ne se produise », alerte l’auteur du mail, relayé par 01net. Il précise que, concrètement, la voiture autonome d’Uber « éprouve des difficultés avec de simples trajets ou manœuvres ».

Un incident tous les 800 mètres

Des dissensions internes majeures pourraient expliquer ce manque flagrant de progrès. Là où certains voient le développement des outils de conduite autonome comme la seule priorité, d’autres attachent une plus grande importance à la sécurité. Le décès d’une femme renversée en 2018 aux Etats-Unis lors d’une phase de test d’une voiture autonome Uber a aussi marqué un coup d’arrêt dans les essais. L’enquête concernant cet accident mortel est toujours en cours.

Aujourd’hui, lors des expérimentations, un incident est enregistré tous les 800 mètres en moyenne. L’objectif que s’était fixé l’entreprise pour 2019 était cependant d’un dysfonctionnement par tranche de 16 kilomètres. Pour ce décompte, les spécialistes répertorient les problèmes mineurs observés comme les changements de vitesse trop soudains. Uber n’a d’ailleurs pas souhaité utiliser ses propres modèles pour assurer les allers-retours de ses employés entre deux de ses bâtiments à Pittsburgh (Etats-Unis). Les deux sites ne sont pourtant éloignés que d’1,5 kilomètre.