Affaire Carlos Ghosn: L'ex-patron de Renault dénonce un «complot et une trahison»

ECONOMIE Carlos Ghosn, s’exprimait dans sa première interview depuis la prison de Tokyo où il se trouve depuis son arrestation le 19 novembre à la sortie de son jet privé...

20 Minutes avec AFP

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Carlos Ghosn, le 20 avril 2018 à Hong Kong.
Carlos Ghosn, le 20 avril 2018 à Hong Kong. — Kin Cheung/AP/SIPA

Carlos Ghosn, incarcéré au Japon pour des malversations financières présumées, s’est dit victime « d’un complot et d’une trahison » de la part de dirigeants de Nissan opposés à son projet d’intégration entre Renault et ses alliés japonais. Il s’exprimait dans sa première interview parue mercredi, accordée au quotidien économique japonais Nikkei depuis la prison de Tokyo où il se trouve depuis son arrestation le 19 novembre à la sortie de son jet privé.

« Le projet d’intégrer » Renault, Nissan et Mitsubishi Motors avait été abordé avec le patron de Nissan, Hiroto Saikawa, en septembre 2018, a affirmé le dirigeant de 64 ans, disant n’avoir « aucun doute » sur le fait que les accusations portées à son encontre, qu’il a de nouveau rejetées, sont le résultat d’un « complot et d’une trahison ». Nissan a aussitôt réagi en rappelant que Hiroto Saikawa avait « déjà catégoriquement réfuté la notion de + coup d’Etat + ».

Plusieurs demandes de libération sous caution rejetées

L’enquête menée dans le secret par le groupe depuis l’été 2018 a « mis au jour des preuves significatives et convaincantes de malversations », a ajouté le constructeur japonais dans une déclaration transmise à l’AFP. Dans son entretien, le magnat de l’automobile a par ailleurs balayé les accusations décrivant son règne de 19 ans comme « une dictature ». « Les gens ont traduit leadership fort par dictateur, déformant la réalité pour se débarrasser de moi », a-t-il déclaré.

Carlos Ghosn fait l’objet de trois inculpations pour abus de confiance et minoration de revenus aux autorités boursières sur la période 2010 à 2018.

Lors de son unique comparution devant un tribunal le 8 janvier, il s’est dit accusé à tort. Ses avocats ont déposé plusieurs demandes de libération sous caution, mais la justice les a rejetées, mettant en avant un risque de dissimulation ou destruction de preuves et de fuite.

Le Franco-Japonais-Brésilien a été révoqué fin novembre de la présidence des conseils d’administration de Nissan et Mitsubishi Motors. Il a par ailleurs démissionné la semaine dernière du groupe français Renault.