Affaire Carlos Ghosn: Renault a lancé un audit interne «pour vérifier»

MALVERSATIONS L’audit a été lancé avec le « plein accord du gouvernement », qui contrôle près de 15 % de la firme…

20 Minutes avec AFP

— 

Carlos Ghosn, le 9 janvier 2017 à Detroit.
Carlos Ghosn, le 9 janvier 2017 à Detroit. — Geoff Robins / AFP

Renault a lancé un audit interne sur les rémunérations de son PDG Carlos Ghosn, accusé de dissimulation de revenus et malversations au sein du constructeur japonais Nissan par la justice nippone, a indiqué ce dimanche le ministre de l’Economie Bruno Le Maire sur BFM TV.

« La nouvelle gouvernance de Renault a lancé un audit (…) à la fois sur les questions de rémunération et les questions d’abus de bien social, pour vérifier qu’il n’y a rien eu de difficile, de délicat que nous puissions trouver » chez le constructeur automobile français, a déclaré Bruno Le Maire.

L’audit, lancé avec le « plein accord du gouvernement », qui contrôle près de 15 % de la firme, prendra « plusieurs jours », a ajouté Bruno Le Maire.

Carlos Ghosn toujours pas démis

Le ministre de l’Economie et des Finances a également indiqué que ni le gouvernement ni Renault n’ont obtenu d’informations officielles sur les charges pesant au Japon à l’encontre du bâtisseur de l’alliance Renault-Nissan.

Une gouvernance a été mise en place chez Renault pour pallier la mise en détention au Japon de Carlos Ghosn, mais celui-ci reste toujours PDG en titre de Renault.

« Tant qu’il n’y a pas de charges tangibles », Carlos Ghosn ne sera pas démis, a répété Bruno Le Maire.

Selon le ministre de l’Economie, la présidence de l’alliance Renault-Nissan restera à un Français malgré la crise.

Pas de théorie du complot

« Nous avons convenu avec mon homologue japonais (venu à Paris, cette semaine) que les règles de gouvernance ne changent pas », a-t-il souligné.

« Je ne crois pas à la théorie du complot », selon laquelle cette crise serait la marque d’une défiance des Japonais vis-à-vis des Français au sein de l’Alliance, a-t-il dit.

Selon des informations de la chaîne publique NHK dimanche, Carlos Ghosn nie toute dissimulation de revenus et les malversations qui lui sont reprochées.

Il est soupçonné d’avoir dissimulé ses revenus de président du conseil d’administration de Nissan à hauteur de 5 milliards de yens entre juin 2011 et juin 2015. Il lui est reproché d’avoir fait la même chose pour les trois exercices comptables suivants, ont indiqué vendredi les quotidiens nippons Asahi Shimbun et Nikkei, soit un total de 8 milliards de yens, l’équivalent de plus de 62 millions d’euros de revenus dissimulés aux autorités financières japonaises.