Salon de l'auto: Quel avenir pour la voiture partagée ?

Auto Présentée comme l’une des solutions de prédilection pour réduire les nuisances et la densité du trafic routier dans les grandes agglomérations, le « car sharing » semble toutefois loin de tenir ses promesses. Dans la pratique, le nombre d’usagers relativement restreint combiné à des coûts de fonctionnement élevés ont notamment conduit à la disparition d’Autolib. La voiture partagée a-t-elle dès lors un avenir ?

20 Minutes avec agences

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Renault a profité du champ laissé libre par la disparition d’Autolib pour
lancer son service Moov’in. Il sera bientôt rejoint par d’autres proposés par PSA et Smart
notamment.
Renault a profité du champ laissé libre par la disparition d’Autolib pour lancer son service Moov’in. Il sera bientôt rejoint par d’autres proposés par PSA et Smart notamment. — Renault

En juin dernier, l’annonce du syndicat mixte Autolib’ Velib’ Metropole de la fin du service de voiture partagée Autolib’ a fait l’effet d’une petite bombe dans le monde de la voiture partagée. Lancé en grande pompe en 2011, le service – l’un des pionniers en la matière – n’a jamais connu la rentabilité escomptée. Pire :  Bolloré, fournisseur des voitures et stations, réclamait quelque 233 millions d’euros aux collectivités concernées pour éponger les pertes de fonctionnement engendrées jusqu’au terme prévu en 2023. Ce qui aura accéléré la disparition du service.

Le « free floating », clé du succès ?

Les usagers orphelins d’Autolib ne seront toutefois pas à pied. Plusieurs services se sont déjà mis en place pour pallier à sa disparition. C’est le cas de Renault, qui propose 200 Zoé en libre-service en Ile-de-France, bientôt rejointes par les 500 voitures de l ’offre Free2Move de PSA et les 400 Smart qui arriveront en début d’année prochaine. En plus d’être électriques, toutes ces voitures offrent l’avantage d’être proposées en « free floating ». Cela signifie que la prise en charge et la restitution ne se font plus dans des stations définies, mais peuvent avoir lieu n’importe où en rue. Concrètement, une application pour smartphone permet de localiser la voiture disponible la plus proche, et d’y accéder via une connexion bluetooth. Arrivé à destination, il suffit de garer la voiture sur n’importe quelle place disponible dans une zone couverte par le service, et de la verrouiller, toujours via l’application. Et grâce à des accords entre ces services et les mairies, il n’est même pas nécessaire de payer le stationnement.

La facilité d’usage est donc certaine ! Reste à voir si de tels services seront plus rentables dans notre capitale qu’ailleurs en Europe. Daimler (Mercedes, Smart) et BMW avaient annoncé en début d’année la fusion de leurs services de voitures partagées Car2Go et DriveNow pour maximiser leurs chances de succès (et de rentabilité) face aux nouveaux acteurs du marché.

Rude concurrence

En plus de ces services soutenus par les constructeurs automobiles, de nombreux autres services de voitures partagées existent en France : Ubeeqo, Zipcar, Drivy ou encore Communauto et d’autres. Mais la vraie concurrence pour la voiture partagée, ce sont les VTC, dont le nombre a explosé ces dernières années. Des services qui permettent de couvrir la plupart des déplacements urbains sans contrainte de stationnement par exemple.