Salon de l'auto 2018: Pourquoi les ventes de voitures électriques ne décollent-elles pas ?

MONDIAL DE L'AUTO Bien que leurs ventes aient bondi de 45% au niveau européen depuis le début de l’année, les voituresélectriques restent marginales dans la circulation. La faute à plusieurs facteurs qui en font encore aujourd’hui un choix engagé...

20 Minutes avec agences
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Les voitures électriques représente un peu plus d’1,5% du marché européen. Mais leurs ventes pourraient bien s’envoler à l’avenir… 
Les voitures électriques représente un peu plus d’1,5% du marché européen. Mais leurs ventes pourraient bien s’envoler à l’avenir…  — © Renault

Avec 143.017 ventes en Europe sur les huit premiers mois de l’année, les voitures électriques ne représentent qu’environ 1,5% du total des immatriculations sur la même période. Pourquoi peinent-elles tant à connaître le succès ?

Chères… à l’achat

Le premier frein à l’achat d’une voiture électrique est sans conteste le prix. En France, une Renault Zoé, largement en tête des ventes, s’affiche à un prix de base de 23.200€. Un prix en partie compensé par le bonus écologique de 6.000€ qui réduit d’autant la facture d’achat. Mais la Renault Clio essence, de gabarit équivalent, débute à 15.300€. A cela s’ajoute les prix de location des batteries : à partir de 69€/mois pour un kilométrage limité à 7.500 km ; 119€/mois kilométrage illimité. 

Une pratique dont n’usent pas les autres constructeurs. Mais les coûts d’achat s’envolent alors : 29.700€ pour une Nissan Leaf, 38.400€ pour le nouveau Hyundai Kona Electric ou 40.400€ pour la Volkswagen e-Golf. Des prix coquets quand on sait que le prix d’achat moyen d’une voiture est de 26.717€ en France. Mais le coût à l’usage est, lui, imbattable, et une voiture électrique se rentabilise finalement assez rapidement. 

Autonomie et réseau disparate

C’est l’autre grief principal formulé à l’encontre de la voiture électrique. Pensez donc : 300 kilomètres d’autonomie pour… une quinzaine d’heures de charge au minimum sur une prise domestique ! La peur de la panne est donc toujours dans un coin de l’esprit, de même que celle d’avoir à réduire son champ d’action. Sauf que cette crainte ne concerne finalement que les quelques jours par an où l’automobiliste moyen roule plus de 300 km. Les autres jours, il suffit de brancher la voiture chaque fois que l’on rentre chez soi pour profiter d’une batterie pleine au redémarrage suivant, et ainsi assurer ses déplacements quotidiens en toute quiétude. 

Un réseau clairsemé… et disparate

Le réseau de bornes plutôt clairsemé renforce les craintes du point précédent. Toutefois, elle ne s’appliquera que pour les quelques jours où de longues distances sont prévues. Mais alors, trouver une borne fonctionnelle et compatible pourra vite relever du parcours du combattant. Car si des efforts se mettent en place pour homogénéiser et simplifier l’accès aux bornes et les types de branchements, c’est encore loin d’être le cas aujourd’hui. Mieux vaudra donc prévoir soigneusement son parcours. Notons tout de même que le réseau à tendance à s’étoffer, et à s’équiper de bornes de charge rapide permettant aux modèles qui l’acceptent de récupérer 80% d’autonomie en seulement 30 à 45 minutes.

Une offre qui s’étoffe

On constate enfin un vrai boum de l’offre de voitures électriques ! Il était temps, car jusqu’alors, l’offre était plutôt maigre. Mais au Mondial de l’Auto, on a vu débarquer les DS3 Crossback e-Tense, Kia Niro EV, Audi e-Tron, Mercedes EQC et Tesla Model 3… entres autres. Autant de modèles qui devraient tirer le marché vers le haut dans les prochains mois.