GM&S: Après le «bordel» d'Emmanuel Macron, les représentants des salariés très déçus par leur réunion à l'Elysée

EMPLOI L’entreprise reprise par le groupe GMD est toujours dans une situation précaire…

Nicolas Raffin avec AFP

— 

Les salariés de GM&S lors d'une manifestation le 4 octobre 2017.
Les salariés de GM&S lors d'une manifestation le 4 octobre 2017. — PASCAL LACHENAUD / AFP
  • Le sous-traitant automobile GM & S a été repris par un autre groupe en septembre.
  • Sur 277 salariés, seulement 120 ont été conservés.
  • Les représentants du personnel veulent plus d’engagements de la part d’Emmanuel Macron.

Finalement, ils n'auront pas vu Emmanuel Macron. Début octobre, les GM & S avaient été visés par une petite phrase du chef de l’État, les accusant de « foutre le bordel ». Ce lundi après-midi, ce n'est pas le président mais trois de ses conseillers qui ont reçu, à l’Elysée, une délégation du sous-traitant automobile installé dans la Creuse, dont l’activité a été reprise par le groupe GMD.

A la sortie de la réunion, les représentants syndicaux ne cachaient pas leur déception. « Ils nous ont dit: circulez il n'y a rien à voir (...) Nous n'avons eu aucune avancée », a déploré Vincent Labrousse, délégué CGT. « Cette réunion est la pire depuis le début de notre combat » a-t-il ajouté. La réunion s'est déroulée dans « une ambiance sereine », a indiqué de son côté l'Elysée. 

Une « supra-légale » pour les salariés licenciés

Loin de vouloir régler leurs comptes, les représentants du personnel affirment se battre pour les 157 salariés licenciés de GM & S en septembre (sur 277 CDI). « On demande à ce qu’il y ait plus d’emplois repris, et plus de mesures d’accompagnement et de formation pour ceux qui se retrouvent au chômage », liste Vincent Labrousse, délégué CGT de l’usine de La Souterraine. Les syndicalistes réclament également une « indemnité supra légale » afin de donner un coup de pouce aux ouvriers remerciés. La demande a toujours été repoussée jusqu’ici.

Un plan social contesté

Parallèlement à cette rencontre, les GM & S ont ouvert un autre front, en décidant la semaine dernière de contester le PSE (plan de sauvegarde pour l’emploi, ou « plan social ») devant la justice. « L’annulation éventuelle du PSE n’entraînera pas l’annulation des licenciements, rappelle Jean-Louis Borie, l’avocat des salariés. Mais cela peut permettre aux salariés licenciés d’agir aux prud’hommes avec des arguments supplémentaires. »

>> GM&S, un dossier social explosif pour Emmanuel Macron 

Pour l’avocat, le PSE tel qu’il a été validé par l’administration n’est pas valable, la faute selon lui à des critères d’ordre de licenciement non-respectés. « Normalement, il y en a 5 [ancienneté dans l’entreprise, charge de famille, compétence professionnelle, âge, difficultés de reclassement], poursuit Jean-Louis Borie. Or, la compétence professionnelle était valorisée en fonction de l’ancienneté, qui est déjà un critère. C’est comme si on la comptait deux fois ! ». Résultat : les syndicats affirment que le PSE a conduit à garder les salariés les plus âgés, au détriment des plus jeunes.

Le SIRET manquant

Les ouvriers restants ont repris le travail depuis fin septembre, mais l’usine de La Souterraine est loin de tourner à plein régime. « La production, c’est vraiment a minima en ce moment », explique Vincent Labrousse.

Un imbroglio est venu contrarier cette reprise. Jusqu’à la semaine dernière, la société qui doit prendre la place de GM & S, une filiale de GMD baptisée La Souterraine Industrie, n’était pas enregistrée au registre du commerce et des sociétés. « Sans cette immatriculation, vous n’avez pas de code SIRET, or les fournisseurs ont besoin de ce code pour leur gestion » explique Jean-Louis Borie.