GM&S: Liquidation judiciaire avec poursuite de l'activité jusqu'au 21 juillet

AUTOMOBILE La décision était entre les mains du tribunal de Commerce de Poitiers...

20 Minutes avec AFP

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Les salariés de GM&S Industry bloquent à nouveau leur usine depuis le 13 juin.
Les salariés de GM&S Industry bloquent à nouveau leur usine depuis le 13 juin. — PASCAL LACHENAUD / AFP

L’équipementier en difficulté GM & S Industry a été placé ce vendredi par le tribunal de commerce de Poitiers en liquidation judiciaire avec prolongation de l’activité jusqu’au 21 juillet, ont annoncé les syndicats à l’usine de La Souterraine (Creuse).

« Trois semaines, ce n’est pas beaucoup mais cela peut être prolongé une nouvelle fois », a estimé l’avocat des salariés, Me Jean-Louis Borie, précisant qu’une audience se tiendra le 17 juillet au tribunal pour examiner l’offre déposée par l’emboutisseur GMD, seul repreneur déclaré à ce jour.

Une offre de dernière minute

Liquidation pure et simple faute d’offre de reprise ferme ? Prolongation de l’activité avec une période d’observation ? Reprise partielle ?

Le suspense aura duré jusqu’au dernier moment car le groupe stéphanois GMD, numéro un de l’emboutissage en France, a attendu la dernière minute, jeudi soir à 19h30, pour déposer son offre.

Plus tôt ce vendredi matin, le secrétaire d’Etat à l’Economie, Benjamin Griveaux, s’était déclaré favorable à ce que soit prononcée la liquidation avec poursuite de l’activité.

157 salariés menacés de licenciment

Dans son offre, GMD propose de reprendre 120 salariés sur 277.

L’annonce du dépôt de cette offre a eu lieu alors qu’une nouvelle réunion se tenait à Paris entre les syndicats CGT et FO de GM & S Industry et le ministère de l’Economie.

« Avant de se prononcer sur l’offre, il faut qu’on l’étudie. Nous sommes attachés à nos emplois et à cette entreprise. Il y a quand même 157 salariés menacés de licenciement », a réagi le délégué CGT Vincent Labrousse, après la réunion à Paris. Patrick Brun, un autre syndicaliste CGT, a « demandé du temps pour faire en sorte que cette offre s’améliore ».

Sur place, à l’usine de La Souterraine, le secrétaire CGT du comité d’entreprise, Yann Augras, accusait le coup : « Cela fout une claque dans la gueule. Même si on ne s’attendait pas à des miracles, 120 salariés repris, ça fait mal au bide ». « Je ne vous cache pas que les salariés sont abattus, certains ont pleuré. Demain (vendredi), ils se réuniront en assemblée générale vers 10h00. Je pense également qu’on va devoir être très présents ce week-end pour empêcher tout dérapage ».

Point de désaccord

Sans attendre la décision du tribunal de Commerce, les syndicats ont indiqué qu’une autre réunion avec le gouvernement devait se tenir la semaine prochaine.

Malgré le dépôt de l’offre de reprise, les salariés continuaient d’occuper l’usine dans laquelle ils ont allumé depuis le 27 juin des feux avec des palettes et des pneus.

Le dossier est sensible pour le gouvernement, qui a mis en place une « cellule de crise », conformément aux engagements du président Emmanuel Macron, lequel avait rencontré mi-juin des représentants des salariés de GM & S à l’occasion d’un déplacement en Haute-Vienne.

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Un point de désaccord persistant reste l’éventuel paiement d’indemnités de licenciement supra-légales pour les salariés qui ne seraient pas repris par GMD.

La CGT a estimé faire « face à un mur », parlant d’un « chantage » et jugeant « inadmissible et indigne » que GMD refuse d’indemniser les futurs licenciés au-dessus du montant fixé par la loi, alors qu’il compte garder moins de la moitié des employés de GM & S.