Affaire Volkswagen: Le scandale affecte l'ensemble de l'industrie automobile

AUTOMOBILE La tricherie du géant allemand de l'automobile fait entrer tout le secteur dans une zone de turbulences...

L.C.
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Logo Volkswagen.
Logo Volkswagen. — Michael Probst/AP/SIPA

L’onde de choc provoquée par le scandale Volkswagen se propage à tout le secteur automobile. Depuis les révélations sur la tricherie du constructeur allemand pour contourner les réglementations antipollution, la chute de l’action Volkswagen plombe les cours des autres acteurs de l’industrie, qui sont de surcroît scrutés de très près par les autorités de contrôle environnemental de plusieurs pays.

Le secteur automobile souffre en Bourse

Entraînées dans la chute de l’action Volkswagen, qui a perdu 35 % en deux jours à la Bourse de Francfort, les valeurs boursières des constructeurs et équipementiers automobiles sont en berne. Ce scandale « jette le doute » sur l’industrie automobile et se traduit par un « affolement boursier », note Flavien Neuvy, responsable de l’Observatoire Cetelem de l’automobile.

Peugeot accusait ce mardi la plus forte baisse du CAC 40, avec -8 %, tandis que l’action Renault accusait un recul de 7 %. A la Bourse de Milan, Fiat Chrysler Automobiles perdait 6 %. A New York, le cours de General Motors est également plombé. « C’est un coup dur pour l’ensemble de l’industrie automobile qui est encore fragilisée par une crise dure », observe Flavien Neuvy.

Eviter l’amalgame 

Les concurrents de Volkswagen veulent éviter tout amalgame avec le nouveau mouton noir du secteur. Aux Etats-Unis, l’agence environnementale EPA et la CARB (son homologue californienne) ont annoncé lundi qu’elles avaient commencé à tester des véhicules Diesel produits par d’autres constructeurs pour détecter la présence de possibles « logiciels trompeurs ».

En France, Renault et PSA se disent favorables à une enquête européenne. Cela « permettra de confirmer que les constructeurs français respectent les procédures d’homologation en vigueur dans tous les pays où ils opèrent », abonde le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA) ce mardi.

En Allemagne, le ministre des Transports est venu à la rescousse des autres constructeurs allemands, affirmant ce mardi qu’il n’avait « aucune indication » qu’ils aient truqué leurs moteurs. Daimler et BMW ont souffert en Bourse, accusant ce mardi une baisse de 7 % et 6 %.

Le diesel mis au ban

En dépit de ces déclarations qui se veulent rassurantes, l’image du diesel, qui avait « déjà mauvaise presse aux Etats-Unis et faisait l’objet d’attaques régulières en Europe », est considérablement écornée par ce scandale, insiste la banque d’investissement Oddo & Cie. Et les détracteurs du diesel se sont empressés de se saisir de cette affaire.

« C’est une nouvelle preuve éclatante que le diesel propre n’existe pas, malgré les trésors de communication développés par ses promoteurs », écrivent dans un communiqué paru ce mardi les porte-parole d’Europe Ecologie-Les Verts, Sandrine Rousseau et Julien Bayou. « Le diesel et les particules fines sont responsables de plus de 42 000 morts par an. La sortie progressive du diesel est une priorité », concluent-ils.

Affaire Volkswagen : Pourquoi le diesel pose problème

Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, minimise toutefois l’impact de l’affaire Volkswagen sur le secteur automobile. « Je ne suis pas si inquiet que ça », a déclaré le patron du groupe français à Blomberg TV, assurant que les constructeurs devront faire œuvre de transparence.