Le Solex fait un retour électrique

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Ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Depuis la fin de sa commercialisation, voici dix-neuf ans, le célèbre cyclomoteur français Solex a connu de nombreux avatars sans lendemain. Il revient cette fois sous une forme écologique puisque l'e-Solex est désormais électrique. Jean-Pierre Bansard, PDG du groupe Cible, est à l'origine de cette renaissance « made in China », après avoir racheté la marque à une filiale de Fiat sur un coup de coeur en 2005. Nostalgiques s'abstenir : l'e-Solex n'a rien conservé des géniaux inconvénients de son ancêtre. Finis le bourdonnement du deux-temps et les mélanges qui graissaient les mains. La propulsion se fait grâce à un moteur électrique très silencieux, situé dans le moyeu de la roue arrière (400 watts sous 35 volts). Placé bas, il abaisse le centre de gravité, ce qui rend le cyclo très stable malgré sa légèreté (40 kg). Les virages se prennent en douceur et les freins à disque remplacent avantageusement les semelles sur le goudron.

La batterie lithium-ion a pris place dans le cadre. Bien vu, elle est amovible, légère, (5 kg), peut être rechargée à domicile (en 6 h maximum), pour un coût estimé à 1 euros pour 1 000 km. Deux vitesses au guidon permettent de choisir entre une autonomie de 1 h 30 à 35 km/h (45 km environ) ou 2 h 15 à 22 km/h (60 km environ). Pas de quoi s'insérer avec fluidité dans le trafic, mais les reprises sont efficaces et permettent de bien naviguer dans les embouteillages ou sur les chemins tranquilles. Le pilote, obligatoirement casqué, doit néanmoins garder un comportement de cycliste pour en tirer le meilleur profit. D'ailleurs, on peut pédaler pour soulager l'engin dans les cotes... Commercialisé depuis quelques jours, le e-Solex est vendu 1 150 euros . Un peu cher pour un vélo amélioré, d'autant qu'un scooter Peugeot Ludix 50 cm3 s'affiche à 999 euros . Certainement le prix d'un mythe.

Carole Chatelain

Redessinée par le designer Sergio Pininfarina, la ligne a gardé son petit air strict et anthracite même si elle n'en a pas le charme. Les grandes roues à rayons, la fine béquille centrale et le célèbre phare rond ont été conservés, ainsi que le galet qui sert désormais de petit coffre de rangement muni d'une clé. Le cadre a été élargi, afin d'accueillir la batterie. Concession à la modernité : l'ajout d'un compteur avec indicateur de vitesse lumineux et un témoin de charge de batterie.