Après Ayrault, Moscovici cajole lui aussi les entreprises

ECONOMIE Il se rendra ce jeudi à l'Université du Medef, comme le Premier ministre, hier...

M.B.
— 
Pierre Moscovici, le 28 août à Bercy.
Pierre Moscovici, le 28 août à Bercy. — WITT/SIPA

L’opération séduction de la nouvelle majorité à l’égard du patronat se poursuit. Le climat se réchauffe donc après les heures froides de la campagne électorale marquée alors par une défiance certaine du candidat Hollande, voire une hostilité à l’endroit des entreprises. Alors que la croissance patine, l’exécutif change de ton. Après l’ouverture de l’université d’été du Medef mercredi par Jean-Marc Ayrault, une première pour un Premier ministre, c’est au tour de Pierre Moscovici de s’y rendre aujourd’hui. En tout, pas moins de dix ministres auront fait le déplacement au cours de ses trois jours de débat.

Et mercredi, le locataire de Matignon n’a pas ménagé sa peine pour séduire un auditoire qui l’attendait au tournant : «J’estime les chefs d’entreprise parce que je les connais personnellement et que j’admire leur capacité à prendre des risques» a-t-il expliqué.

>> Le «professeur» Ayrault laisse les patrons sceptiques

De la pommade sur le dos des patrons

Ce jeudi dans une interview accordé aux Echos, Pierre Moscovici passe lui aussi de la pommade sur le dos de patrons particulièrement inquiets sur un possible alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail et le projet de taxer à 75% les revenus supérieurs à un million d’euros: «Nous savons la dureté de la situation des entreprises et la nécessité de travailler ensemble au redressement de l’économie française». Et se veut rassurant: «Je ne veux pas d’une fiscalité défavorable aux entreprises. Celles-ci doivent contribuer à l’effort de redressement. Il n’est pas raisonnable qu’elles en portent tout le poids. C’est la rente qui doit être combattu, pas la production, ni l’esprit d’entreprise».

Comme Saint-Thomas, les patrons attendront donc le projet de loi de finances de 2013 qui sera présenté à la fin septembre pour voir ce que leur réserve le gouvernement. Mais déjà Pierre Moscovici a affirmé dans le quotidien économique qu’il «n’est pas question» d’inclure les biens professionnels dans le calcul de l’ISF. Quand à la taxe de 75%, elle sera mise en place «pour éviter les comportements extravagants, mais sans décourager l’activité économique. Nous ne souhaitons pas qu’elle entraîne un exode des cadres et des chefs d’entreprises», affirme le chef de Bercy.