Medef: Jean-Marc Ayrault laisse les patrons sceptiques

MEDEF Le discours de Jean-Marc Ayrault a rassuré sans convaincre...

Claire Planchard
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Jean-Marc Ayrault et Laurence Parisot à l'Université du Medef
Jean-Marc Ayrault et Laurence Parisot à l'Université du Medef — T.SAMSON / AFP

Une salle archicomble, mais des applaudissements polis tout au plus. Mercredi, Jean-Marc Ayrault n'a pas vraiment fait recette en ouverture de l'université d'été du Mouvement des entreprises de France (Medef).

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Arrivé aux côtés de l'hôte des lieux, Laurence Parisot, il n'a pas ménagé ses efforts pour séduire un auditoire qui l'attendait au tournant. «J'estime les chefs d'entreprise parce que je les connais personnellement et que j'admire leur capacité à prendre des risques», a-t-il expliqué. Dans son discours, le Premier ministre a détaillé ses priorités tout en pointant les convergences d'intérêts avec les entrepreneurs. «Vous pouvez compter sur le soutien et la détermination absolue du gouvernement parce que nous avons besoin de vous. Les entreprises sont les forces vives du redressement productif.»

«On attend des décisions»

Un volontarisme salué à l'issue de l'intervention, mais sans effusion. «Il y avait beaucoup d'investissement, mais ce discours ressemblait plus à celui d'un professeur et les propositions ne sont pas à la hauteur des défis de la compétition mondiale», expliquait un responsable de grand groupe. «On est abattus et dépités, ce n'est pas avec des commissions que l'on va rendre les entreprises compétitives, mais avec des actes concrets, et en premier lieu un baisse des charges», pestait même un entrepreneur de Metz.

Les patrons restent donc dans l'expectative. Ils savent que le gouvernement planche sur un possible alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail et a pour projet de taxer à 75% les revenus supérieurs à un million d'euros annuels, entre autres. «On a apprécié le discours, mais on ne peut pas s'en contenter aussi. On attend des décisions dans les six mois et en particulier un budget qui n'augmente pas les charges», a résumé plus tard Laurence Parisot. Pas de doute, la rentrée sociale a commencé.