Medef: Le «professeur» Jean-Marc Ayrault laisse les patrons sceptiques

REPORTAGE Le discours du Premier ministre à l'Université d'été du Medef mercredi à Jouy-en-Josas (Yvelines) a rassuré sans toutefois convaincre les dirigeants d'entreprise...

Claire Planchard

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Jean-Marc Ayrault et Laurence Parisot à l'Université du Medef
Jean-Marc Ayrault et Laurence Parisot à l'Université du Medef — T.SAMSON / AFP

Une salle archi-comble mais des applaudissements polis, tout au plus. Mercredi après-midi, Jean-Marc Ayrault n’a pas vraiment fait recettes en ouverture de l’université d’été du Mouvement des entreprises de France (Medef).

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Opération séduction

Arrivé main dans la main avec l’hôte des lieux, Laurence Parisot, il n’a pourtant pas ménagé ses efforts pour séduire et rassurer un auditoire qui l’attendait au tournant. «J’estime les chefs d’entreprise parce que je les connais personnellement et que j’admire leur capacité à prendre des risques» a-t-il expliqué.

Un discours long et austère dans lequel le Premier ministre a détaillé les priorités de son programme économique en prenant soin de souligner les convergences d’intérêt avec les entrepreneurs. «Vous pouvez compter sur le soutien et la détermination absolue du gouvernement parce que nous avons besoin de vous», «les entreprises sont les forces vives du redressement productif», a-t-il lancé.

«Simplifier la vie des entreprises»

Un volontarisme salué à l’issue de l’intervention, mais sans plus. «Il y avait beaucoup d’investissement, mais ce discours manquait un peu d’enthousiasme. Il ressemblait plus à celui d’un professeur et les propositions ne me paraissent pas faire le poids face aux défis de la compétition mondiale» expliquait un responsable « de grand groupe » sous couvert d’anonymat.

Laurent Bordeau, PDG d’une PME de production alimentaire qui emploie douze personnes dans l’Oise, ne cachait pas non plus son scepticisme: «C’était un minimum qu’il vienne nous parler en signe de reconnaissance, mais je reste très interrogatif car je n’entends rien là de très nouveau. Il faut aller plus loin, notamment pour simplifier la vie des entreprises», commentait-il à chaud. Dans sa ligne de mire : la sacro-sainte baisse des charges qui pèsent sur l’économie française.

«On est abattus et dépités»

Si lui n’attendait pas d’annonces concrètes ce lundi, d’autres sont en revanche furieux. «On est abattus et dépités, ce n’est pas avec des commissions et des réunions que l’on va rendre les entreprises compétitives mais avec des actes concrets et en premier lieu des baisses de charges», pestait un entrepreneur de Metz.

Après cette opération séduction du chef du gouvernement, les attentes restent donc immenses et la défiance bien réelle. Un bilan très clairement résumé devant la presse par la présidente du Medef quelques heures après avoir quitté Jean-Marc Ayrault: «On a apprécié le discours du Premier ministre, mais on ne peut pas se contenter d’un discours, aussi bon soit-il. On attend des décisions dans les six mois qui viennent et en particulier un budget 2013 qui n’augmente pas les charges et soutiennent les financements aux entreprises.» Pas de doute, la rentrée sociale a commencé.