Prix alimentaires: Pourquoi leur hausse est inévitable

AGRICULTURE La situation mondiale est telle que les prix à la consommation seront à la hausse à la rentrée. Le président de la FNSEA fait le point ce mercredi et se tient prêt à agir...

Bertrand de Volontat

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La facture mondiale des importations alimentaires "pourrait passer le cap des mille milliards de dollars en 2010", ce qui affectera d'abord les pays pauvres, selon la FAO, qui appelle la communauté internationale à "se préparer à de nouveaux chocs".
La facture mondiale des importations alimentaires "pourrait passer le cap des mille milliards de dollars en 2010", ce qui affectera d'abord les pays pauvres, selon la FAO, qui appelle la communauté internationale à "se préparer à de nouveaux chocs". — Patrick Hertzog AFP/Archives

En conférence de presse ce mercredi, Xavier Beulin, président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), se veut, à l’image de la FAO (l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture), rassurant, mais se montre réaliste sur la situation.

Il faut une gouvernance des stocks

«La conjoncture estivale, et notamment la situation aux Etats-Unis, en Europe Centrale ou encore en Australie, de grave sécheresse, pèse sur la production et la disponibilité des stocks, affirme le président de la FNSEA. On voit se profiler une situation un peu analogue à celle de 2007-2008 (flambée inouïe des cours du blé qui avait engendré des famines en Afrique occidentale, notamment en Egypte, ndlr). Mais nous ne sommes pas là pour affoler ou faire peur», rassure-t-il. Les cours du maïs, du blé et du soja ont monté mais ceux du riz n'ont pour l'instant pas été touchés, cite-t-il en exemple. L’agriculture mondiale porte toutefois dorénavant ses espoirs sur les récoltes des mois à venir de l’hémisphère sud.

Xavier Beulin fait d’ailleurs du stockage sa priorité. «On ne peut pas vivre durablement avec des politiques de court terme. Il faut revenir à des choses plus raisonnables comme le stockage», assène-t-il.

Pour ce faire, la FNSEA demande une initiative politique, notamment via le G20. «Il faut une gouvernance des stocks, notamment pour les protéger de la spéculation», poursuit le président. L’encadrement des marchés financiers reste une des préoccupations essentielles de la FNSEA.

Obligé d’accepter la fluctuation régulière des prix

Car de cette sécheresse estivale et du non-contrôle des stocks découle une hausse à venir de prix des produits alimentaires pour les consommateurs. Les efforts devront donc être faits aux niveaux mondial, européen mais aussi national. Il prend en modèle notamment les exemples individuels d’agriculteurs bloquant leurs prix afin de protéger les consommateurs. «Mais il y a un moment où on est obligé de faire passer certaines hausses» déclare Xavier Beulin.

Par ailleurs, «les signataires de l'accord du 3 mai 2011 doivent tenir leurs engagements», rappelle Xavier Beulin qui entend réunir début septembre les producteurs, transformateurs et distributeurs. Avant de dire: «Nous participerons activement aux ateliers de la conférence environnementale», qui aura lieu les 14 et 15 septembre prochains. Le président va ainsi pousser la grande distribution à accepter des hausses de prix suite à l'envolée des cours des matières premières.

«Nous avons changé de paradigme en agriculture. Nous avons connu cette année, certains jours, des écarts de prix comme nous en vivions sur un an avant 2007-2008, constate Xavier Beulin. Aujourd’hui, il va falloir s’habituer à des prix qui fluctueront un peu, à la baisse ou à la hausse.»

Un véritable élan agricole français, qui prend conscience de la gravité de la situation des prix agricoles. «Nous avons voulu rappeler hier François Hollande l'importance de l'agriculture dans le redressement productif de la France», conclut le président de la FNSEA.