Carburants: Pourquoi la baisse de six centimes est une mauvaise réponse

CARBURANTS Les associations sont vent debout et pour plusieurs raisons...

Céline Boff

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Illustration pompe à essence.
Illustration pompe à essence. — GILLES VARELA/20 MINUTES

Jusqu'à six centimes d'euro en moins par litre. L'économie à la pompe a été promise par le gouvernement. En tout cas pour les trois prochains mois. Les prix ayant progressé depuis juin d'environ 10 centimes, l'annonce ne satisfait pas les associations de consommateurs.

Travailler à l'échelon européen

Pire, elle les inquiète. «Le gouvernement traite le sujet comme s'il s'agissait d'un problème de taxes. Ce n'est pas le cas : en trois ans, les prix à la pompe ont progressé de 40% pour le gazole et de 43% pour l'essence, alors que l'augmentation hors taxe est de + 117 % et + 96,8 %. Cela prouve que les taxes jouent déjà le rôle d'amortisseur», affirme Edouard Barreiro, de l'UFC-Que Choisir. La Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut) s'agace des effets «dérisoires et provisoires» de cet effort assimilé « à un gaspillage d'argent public» – le manque à gagner pour l'Etat est estimé à 300 millions d'euros.

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Mais qu'aurait dû faire le gouvernement ? Mettre sur pied un plan de développement des transports publics, financer la recherche de solutions alternatives, lancer une campagne d'information sur l'écoconduite ou encore se pencher sur la problématique des raffineries, délaissées en France, sont les pistes mises en avant par les associations. Qui insistent sur la nécessité d'endiguer la hausse des tarifs… au bon échelon. «Les pétroliers cessent d'investir dans le raffinage pour organiser la rareté et faire monter les prix. Comment accroître les capacités de raffinage et les implanter en Europe ? Voilà une question que devraient se poser les dirigeants européens », avance Edouard Barreiro. Organiser une réunion mondiale sur les prix du pétrole serait aussi pertinent : «Si les pétroliers réalisent vraiment des marges indécentes, soit on dynamise la concurrence en ouvrant ce marché à de nouveaux acteurs, soit on encadre les tarifs au niveau mondial.» De tels sommets ne sont pour l'heure pas au programme.