Flambée de l'essence: Comment Bercy peut-il stopper la hausse?

C.B.

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Jérôme Cahuzac et Pierre Moscovici à l'Assemblée nationale, le 16 juillet 2012.
Jérôme Cahuzac et Pierre Moscovici à l'Assemblée nationale, le 16 juillet 2012. — WITT/SIPA

Que va décider le gouvernement pour endiguer la hausse du coût des carburants? Depuis le mois de juin, les prix sont repartis à la hausse en raison de l’augmentation du baril de Brent et d’une dépréciation de l’euro par rapport au dollar.

Le gazole –de très loin le plus utilisé dans l'Hexagone avec plus de 80% de la consommation– s’établit désormais en moyenne à 1,449 euro le litre, à moins d’un centime de son record absolu de la mi-mars (1,458 euro), selon des chiffres compilés par le ministère de l'Ecologie et de l'Energie. Le sans plomb 95 est à 1,634 euro le litre et le sans plomb 98, à 1,688 euro le litre, soit à leur plus haut depuis les premiers jours de mai, c'est-à-dire juste avant l'élection de François Hollande.

Une situation qui devient intenable pour les automobilistes… et pour le gouvernement. Ce dernier a demandé à l'Inspection générale des finances et au Conseil général des mines de conduire une mission d'analyse sur les prix de la filière pétrolière. Les conclusions de ce rapport doivent être présentées ce vendredi.

Un blocage des prix?

Pour Pierre Moscovici, le ministre de l’Economie, l’enjeu est de comprendre comment se forment les prix. Il recevra ensuite, le 28 août, les industriels du secteur, raffineurs et distributeurs. Qui ne sont pas au mieux de leur forme. Le secteur du raffinage a perdu un milliard d’euros l’an dernier. Quant aux distributeurs, ils sont à sec. Leur marge est à peine supérieure à un centime par litre. Sans compter que, dans le cadre du dernier plan de rigueur, tous les pétroliers vont devoir payer une nouvelle taxe de 4%.

Le gouvernement va-t-il opter pour un blocage des prix, comme l’avait proposé François Hollande lors de sa campagne présidentielle? 88% des Français se déclarent favorables à cette action, selon un sondage Ifop paru dans L'Humanité. Mais cette solution ne pourra être que temporaire: si l’article L410-2 du Code du Commerce prévoit cette possibilité, le blocage ne peut pas excéder six mois.

La création d’un «chèque-carburant»

Autre piste: agir sur les taxes, comme le propose l'Union française des industries pétrolières (Ufip). Un véritable défi pour le gouvernement, puisqu'une perte de 10 centimes par litre entraînerait un manque de recettes de quatre milliards d'euros par an… Et ce, à l’heure où l'exécutif doit trouver 33 milliards d'euros pour boucler son budget 2013. Le problème est le même avec la taxe flottante: la moduler revient extrêmement cher. Selon la Cour des comptes, 1,5 centime en moins à la pompe coûte 2,7 milliards d’euros à l’Etat.

L’une des autres solutions explorées, selon Le Parisien, serait la création d’un «chèque carburant». Il serait distribué à ceux qui sont contraints d’utiliser leur véhicule pour aller travailler. Des initiatives locales ont déjà été testées. Reste à savoir, une fois de plus, qui paiera la note…