Pour Asmussen (BCE), «une sortie de la Grèce de l'euro serait gérable»

avec AFP

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La proposition du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble de renforcer les pouvoirs du commissaire européen aux Affaires économiques était accueillie mercredi de manière partagée dans l'Union européenne.
La proposition du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble de renforcer les pouvoirs du commissaire européen aux Affaires économiques était accueillie mercredi de manière partagée dans l'Union européenne. — John Thys afp.com

Jörg Asmussen, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE) a estimé qu'une sortie de la Grèce de la zone euro serait «gérable», mais qu'elle serait «très coûteuse», dans une interview publiée lundi par le quotidien allemand Frankfurter Rundschau.

«Une sortie de la Grèce serait gérable», mais «elle serait accompagnée par une perte de croissance et un chômage en hausse, et serait très coûteuse. En Grèce, dans toute l'Europe, et également en Allemagne», a-t-il estimé. Asmussen a ajouté que la place d'Athènes était au sein de la zone euro, et que son maintien était «entre ses mains».

«Pas de décision bilatérale vendredi»

«Je suis toujours étonné de voir avec quelle inconscience certains spéculent sur une sortie et le mépris avec lequel on parle des membres de la maison européenne», a-t-il encore poursuivi. Lundi, le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, doit s'entretenir à Berlin avec son homologue grec, Dimitrios Avramopoulos, avant une rencontre vendredi dans la capitale allemande de la chancelière allemande Angela Merkel et du Premier ministre Antonis Samaras. Selon les médias grecs, Samaras devrait parler d'un allongement des délais afin que la Grèce puisse procéder aux réductions budgétaires drastiques, en échange de sa prochaine tranche d'aide, mais n'irait pas jusqu'à en faire la demande officielle.

Dans un entretien lundi à la radio Deutschlandfunk, le secrétaire d'Etat au ministère allemand des Finances, Steffen Kampeter, a répété la position allemande sur un éventuel sursis supplémentaire à la Grèce en matière d'économies budgétaires: attendre le rapport des bailleurs de fonds (UE, FMI, BCE) prévu pour la mi-septembre. Il a douché les espoirs d'une grande annonce lors de la rencontre entre Merkel et Samaras. «Il ne va pas y avoir de décision bilatérale vendredi», a dit Kampeter, «mais des décisions de façon ordonnée, juste et transparente au niveau européen».

Selon le quotidien allemand Bild, paru lundi, des concessions pourraient être accordées à la Grèce, mais seulement dans le cadre temporel déjà prévu dans le plan d'aide.