Grèce: Un éventuel sursis est lié au rapport de la «troïka»

Avec Reuters

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Les pays de l'Union européenne attendront le rapport de la «troïka» et une demande officielle grecque pour se prononcer sur un éventuel sursis accordé à Athènes pour assainir ses finances, a déclaré samedi le ministre des Affaires européennes Bernard Cazeneuve. La Grèce s'apprête à demander à ses partenaires deux ans de plus pour atteindre l'équilibre budgétaire, en 2016, a affirmé mercredi dernier le Financial Times. Selon le quotidien, le Premier ministre grec, Antonis Samaras, formulera cette demande au cours d'entretiens avec Angela Merkel le 24 août à Berlin et François Hollande le 25 à Paris.

La chancelière allemande et le président français se seront auparavant rencontrés le 23 août à Berlin. Sur Europe 1, Bernard Cazeneuve a expliqué que les déclarations faites par le Premier ministre grec «n'ont pas été confirmées, n'ont pas été authentifiée» . «Il a même démenti avoir demandé cet étalement», a-t-il dit. «Donc, il convient d'abord de prendre connaissance des expertises de la 'troïka', d'autre part de laisser le gouvernement grec exprimer sa demande. Et ensuite, dans la concertation avec nos partenaires de l'Union européenne, nous examinerons les réponses à apporter», a-t-il ajouté.

La troïka comprend la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international. Bernard Cazeneuve a insisté sur le fait qu'il y avait un «processus en cours». «Ce sont les expertises conduites par la 'troïka', ces expertises n'ont pas encore été rendues publiques et n'ont pas été encore communiquées à l'ensemble des gouvernements». Il a également souligné que des discussions étaient en cours pour «examiner les conditions dans lesquelles l'Union européenne peut prendre une position commune face aux demandes de la Grèce qui n'ont pas été exprimées à ce jour». Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a affirmé pour sa part samedi que l'aide allouée à la Grèce n'était pas illimitée et qu'Athènes ne devait pas compter sur un nouveau plan de sauvetage.

Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, qui doit lui aussi rencontrer le Premier ministre grec la semaine prochaine, a déclaré samedi que cet éventuel sursis de deux ans n'était pas pour le moment une nécessité urgente mais dépendrait des résultats de la mission de la  «troïka».