Fraude au fisc: la Rhénanie du Nord prête à acheter d'autres listings bancaires

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Le ministre des Finances du Land allemand de Rhénanie du Nord-Westphalie, Norbert Walter-Borjans, s'est dit prêt à acheter d'autres CD contenant les noms d'Allemands censés avoir fraudé le fisc via des banques en Suisse, dans une interview publiée dimanche.
Le ministre des Finances du Land allemand de Rhénanie du Nord-Westphalie, Norbert Walter-Borjans, s'est dit prêt à acheter d'autres CD contenant les noms d'Allemands censés avoir fraudé le fisc via des banques en Suisse, dans une interview publiée dimanche. — Oliver Berg afp.com

Le ministre des Finances du Land allemand de Rhénanie du Nord-Westphalie, Norbert Walter-Borjans, s'est dit prêt à acheter d'autres CD contenant les noms d'Allemands censés avoir fraudé le fisc via des banques en Suisse, dans une interview publiée dimanche.

Selon le ministre de cet Etat régional du Nord-Ouest de l'Allemagne, cité par le journal suisse SonntagsZeitung, l'Allemagne a des indices selon lesquels les banques suisses échafaudent de nouvelles constructions qui permettent à l'argent allemand d'échapper à la taxation. "S'il le faut, nous achèterons d'autres CD", a prévenu le social-démocrate (parti dans l'opposition au niveau fédéral).

Le chef des sociaux-démocrates allemands, Sigmar Gabriel, a quant à lui dénoncé "la criminalité organisée des banques suisses en Allemagne", dans un entretien dimanche à la radio allemande Deutschlandfunk.

Et d'appeler à installer à Francfort par exemple, où toutes les banques ont un siège, un procureur chargé de lutter contre ce type de criminalité.

Par ailleurs, M. Walter-Borjans s'est déclaré persuadé que l'accord fiscal entre la Suisse et l'Allemagne n'avait aucune chance d'être ratifié en Allemagne.

Selon lui, il faut renégocier un nouvel accord, qui n'interdit pas, comme le fait celui qui a été signé, la vente de données bancaires volées, et qui en plus prévoit une taxation des avoirs allemands en Suisse beaucoup plus élevée.

Il chiffre à quelque 150 milliards d'euros l'argent allemand non déclaré géré par les banques suisses. "Je pense que de nouvelles négociations de l'accord sont possibles, au plus tard, avec un nouveau gouvernement fédéral à Berlin", après les élections de 2013, a dit M. Walter-Borjans.

Il critique également le fait que l'accord signé en 2011 prévoit que des fonds peuvent encore être retirés des banques suisses jusqu'à la fin 2012, sans taxation. Et certaines banques suisses montent des constructions pour placer ces fonds vers d'autres paradis fiscaux, selon lui.

Interrogé sur le contenu des derniers CD achetés, le ministre allemand est resté évasif. "Je ne me prononce pas sur des cas particuliers" a-t-il dit. Il a précisé: si les autorités allemandes ont les preuves qu'il y a eu fraude fiscale systématique, "elles seront transmises au parquet, qui lui décidera s'il y a lieu d'ouvrir une instruction".