Italie: La low cost Windjet arrête ses vols repris par d'autres compagnies

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La compagnie sicilienne Windjet, au bord de la faillite et dont les négociations pour un rachat par Alitalia ont échoué, a stoppé ses opérations dimanche à minuit, ses vols étant pris en charge moyennant un supplément par d'autres compagnies, au grand dam des passagers.
La compagnie sicilienne Windjet, au bord de la faillite et dont les négociations pour un rachat par Alitalia ont échoué, a stoppé ses opérations dimanche à minuit, ses vols étant pris en charge moyennant un supplément par d'autres compagnies, au grand dam des passagers. — Patrik Stollarz afp.com

La compagnie sicilienne Windjet, au bord de la faillite et dont les négociations pour un rachat par Alitalia ont échoué, a stoppé ses opérations dimanche à minuit, ses vols étant pris en charge moyennant un supplément par d'autres compagnies, au grand dam des passagers. Cette compagnie low cost a suspendu tous ses vols et sa licence pourrait être révoquée dès dimanche soir par l'Enac, l'autorité de l'aviation civile, "pour incapacité manifeste" à garantir ses opérations, ont indiqué les médias locaux. Windjet aurait rencontré des problèmes d'approvisionnement en carburant et aurait déjà dû restituer des avions en leasing à une société en Irlande, ce qui aurait précipité l'interruption des vols.

Quelque 200 passagers d'un avion pour Tel Aviv, qui avaient passé la nuit de samedi à dimanche bloqués à l'aéroport de Rome-Fiumicino après l'annulation de leur vol au dernier moment samedi soir, ont réussi à partir dimanche après-midi. La compagnie Mistral (Postes italiennes) a mis en place un charter spécial à destination d'Israël pour un supplément de 50 euros. Les autres passagers qui devaient voler avec Windjet se sont vus proposer des billets sur d'autres compagnies comme Alitalia, Meridiana, Easyjet, Blu Panorama et Neos. En général, moyennant un supplément de 80 euros pour les vols nationaux, une décision contestée par les associations de consommateurs.

Jusqu'à 800 emplois en jeu

"Il s'agit d'un supplément absolument injuste demandé à des voyageurs qui se trouvent justement en situation de nécessité", a dénoncé le président de Codacons, Carlo Rienzi, exigeant le transfert totalement gratuit des passagers vers d'autres compagnies qui "pourront se retourner vers Windjet pour les coûts soutenus". Un entrepreneur s'est plaint à l'agence Ansa d'avoir dû verser à Alitalia 250 euros de supplément par personne pour racheter les billets retour depuis la Russie de sa femme, ses deux filles dont un bébé et sa belle-mère. Selon l'Enac, d'ici à octobre, 300.000 voyageurs avaient réservé des vols sur Windjet. Windjet a interrompu ses vols après la rupture par Alitalia de négociations qui duraient depuis des mois pour le rachat de la low cost en difficultés.

Les deux compagnies se renvoient la responsabilité de cet échec, Windjet suspectant Alitalia d'avoir fait traîner les pourparlers pour abaisser le prix, tandis qu'Alitalia affirme que Windjet "ne satisfait pas les conditions requises" pour mener à bien l'opération. Le ministre du Développement économique Corrado Passera a convoqué pour mardi les dirigeants des deux compagnies et de l'Enac alors que la faillite de Windjet signifierait la perte de 500 à 800 emplois (salariés et emplois induits).