La Bourse de Paris, focalisée sur le marché de la dette, restera la semaine prochaine à l'affût d'indices d'une action de la Banque centrale européenne pour stabiliser les taux d'emprunt de l'Espagne et s'intéressera moins aux entreprises, la saison des résultats marquant une pause.
La Bourse de Paris, focalisée sur le marché de la dette, restera la semaine prochaine à l'affût d'indices d'une action de la Banque centrale européenne pour stabiliser les taux d'emprunt de l'Espagne et s'intéressera moins aux entreprises, la saison des résultats marquant une pause. — Patrick Kovarik afp.com

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Economie: La Bourse de Paris espère des nouvelles de la BCE

La Bourse de Paris, focalisée sur le marché de la dette, restera la semaine prochaine à l'affût d'indices d'une action de la Banque centrale européenne pour stabiliser les taux d'emprunt de l'Espagne et s'intéressera moins aux entreprises, la saison des résultats marquant une pause. Sur la semaine écoulée, l'indice CAC 40 a pris 1,82% pour terminer vendredi à 3.435,62 points, portant à 8,73% ses gains depuis le début de l'année. Il signe sa cinquième semaine consécutive de hausse. «Le marché parisien a confirmé sa tendance haussière entamée depuis fin juillet et le discours du président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi», relève Isabelle Enos, directrice adjoint de la gestion chez B* Capital.

Montée en flèche des coûts d'emprunt

Mario Draghi s'est dit prêt à se porter au secours de la zone euro y compris en intervenant sur le marché obligataire, là où s'échangent les titres de dette déjà émis par les Etats. Mais les investisseurs craignent de devoir patienter jusqu'à la rentrée. Le tableau macroéconomique de la zone euro, loin d'être idyllique, n'a pas eu beaucoup d'influence sur les investisseurs. L'Italie s'est enfoncée dans la récession entre avril et juin tandis que la France pourrait entrer en récession dès le troisième trimestre. L'Allemagne est de moins en moins à l'abri. En juin, ses exportations et ses importations ont reculé plus que prévu, signe que les entreprises peinent à trouver des marchés à l'international et réduisent leurs achats à l'étranger. L'agence de notation Fitch a dans l'immédiat maintenu la note «triple A» du pays, la meilleure possible.

L'accalmie n'est pas non plus au rendez-vous sur le marché de la dette où les taux espagnols à dix ans flirtent toujours avec les 7%, un seuil insoutenable sur la durée pour la quatrième économie de la zone euro. «La montée en flèche des coûts d'emprunt a durement frappé les finances publiques du pays, avec une flambée des charges d'intérêt de 32,6% entre le premier semestre 2011 et le premier semestre 2012», remarque Alexandra Estiot, analyste chez BNP Paribas.

Bilan mitigé pour les entreprises

Enfin, du côté des entreprises, le premier bilan de la saison des résultats «est mitigé», relève Christian Parisot, économiste pour le courtier Aurel BGC. «L'impact de la récession en Europe et le ralentissement dans les pays émergents se fait sentir dans les comptes des sociétés», souligne-t-il. Selon les premières données d'Aurel BGC à peine la moitié des sociétés de l'indice Eurostoxx qui ont publié leurs résultats affichent des bénéfices par action supérieurs aux attentes. Les publications d'entreprises vont ralentir la semaine prochaine avant de redémarrer à la fin du mois.

Les opérateurs vont se concentrer dans les jours à venir sur les nombreux indicateurs attendus des deux côtés de l'Atlantique. L'une des échéances importantes sera la publication, mardi, du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro pour le second trimestre. Les économistes d'ING s'attendent à une contraction de 0,3% à 0,5% de l'économie de l'union monétaire d'avril à juin après une stagnation sur les trois premiers mois de l'année. Plusieurs statistiques sur le front de l'immobilier américain seront aussi très suivies. «Un éventuel plan de relance de la part de la Réserve fédérale américaine pourrait ne concerner que ce secteur qui est un catalyseur très important pour la première économie mondiale. C'est pourquoi tous les indicateurs le concernant seront regardés de très près», souligne Mme Enos. Le marché regardera aussi l'indice Zew, qui mesure le moral des investisseurs allemands, les ventes de détail américaines et les chiffres de l'activité industrielle dans les régions de New York et de Philadelphie.