Le club de foot Manchester United entre en Bourse à New York

SPORT Il va lever quelque 233 millions de dollars afin de réduire son énorme dette...

Avec agences

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Le club de football anglais de Manchester United devrait entrer en Bourse vendredi à New York pour lever quelque 233 millions de dollars afin de réduire son énorme dette.
Le club de football anglais de Manchester United devrait entrer en Bourse vendredi à New York pour lever quelque 233 millions de dollars afin de réduire son énorme dette. — Alexander Nemenov afp.com

Le club de football anglais de Manchester United devrait entrer en Bourse vendredi à New York pour lever quelque 233 millions de dollars. Cette opération devrait valoriser le club, l'un des plus populaires de la planète, à environ 2,3 milliards de dollars. Dans un communiqué, «ManU» a annoncé jeudi qu'il mettrait en vente sur le New York Stock Exchange 16,7 millions d'actions au prix unitaire de 14 dollars, soit en dessous de la fourchette de 16 à 20 dollars qu'il avait envisagée fixée fin juillet. Dans le détail, 8,3 millions de nouvelles actions et 8,3 millions d'actions appartenant au propriétaire du club, l'homme d'affaires américain Malcom Glazer, seront mises sur le marché. «ManU» a également annoncé dans son communiqué qu'il pourrait mettre en vente 2,5 millions d'actions supplémentaires dans le cadre d'options de sur-allocation si les investisseurs se montraient intéressés.

Le groupe va réduire son endettement

Manchester United, où évoluent l'Anglais Wayne Rooney et le Français Patrice Evra, espérait initialement pouvoir se valoriser à environ 2,9 milliards de dollars. Le club avait déjà précisé qu'il entendait utiliser tous les revenus nets de cette offre pour réduire son endettement, qui s'élevait à la fin du premier trimestre à 423,3 millions de livres (664 millions de dollars). «ManU» a dégagé un bénéfice de 12,6 millions de livres (19,7 millions de dollars) en 2011 pour un chiffre d'affaires de 331 millions de livres (518,5 millions de dollars). Fait qui devrait influencer favorablement les investisseurs, Manchester United a annoncé la semaine dernière un accord de sponsoring record de 559 millions de dollars avec le géant automobile américain General Motors (GM) pour faire figurer sa marque phare Chevrolet sur ses maillots.

Parmi les facteurs de risque pour ses actionnaires, le club de football précise qu'il est «dépendant de la popularité et de la performance de son équipe» et de sa «capacité à retenir des employés clé, y compris les joueurs». Manchester United appartient depuis 2005 à Malcolm Glazer, qui détient aussi des intérêts dans des clubs de football américain, à la suite d'une opération qui a lourdement augmenté la dette du groupe. Le titre avait alors été retiré de la Bourse de Londres, où il était coté depuis onze ans.

Un bon investissement?

La société historique qui gère les affaires du club, «Red Football Shareholder Limited», est devenue depuis le rachat par les Glazer une filiale d'une société mère enregistrée dans l'Etat américain du Delaware (est), qui a elle-même créé le 30 avril 2012 une autre filiale, Manchester United Ltd., enregistrée aux Iles Caïmans. «Red Football LLC restera notre principal actionnaire et nous seront toujours propriété et contrôlés par les six descendants de Malcom Glazer» après l'opération boursière, avertit le club. Les membres de la famille Glazer qui contrôlent et dirigent le club se verront en effet attribuer des actions de classe B assorties de droits de vote dix fois supérieurs aux actions de classe A qui seront mises en Bourse.

«La vente d'action est une mauvaise affaire pour les fans, les investisseurs et le club», affirme le Manchester United Supporters' Trust, une association de fans qui soutient l'idée que les fans deviennent propriétaires du club. «Pour le club, c'est une mauvaise affaire parce que plus de la moitié des fonds levés seront versés directement à la famille Glazer. Et pour les fans c'est une opportunité manquée d'obtenir une part plus importante du club», ajoute-t-il. «Inonder le marché d'actions à ce prix élevé, c'est une pilule empoisonnée qui pourrait décourager des propriétaires potentiels plus éclairés de racheter le club à l'avenir», conclut l'association.

Un investisseur souligne de son côté que même au prix abaissé, les investisseurs paient encore cher pour devenir actionnaire du club britannique créé il y a 134 ans. Le prix d'introduction en Bourse valorise le club 19 fois son excédent brut d'exploitation (EBE) estimé pour la période de 12 mois au 30 juin, ce qui fait que la valeur est plus chère que l'action Disney, que les investisseurs acceptent de payer environ 10 fois ses bénéfices. «Je suis surpris qu'il n'y ait pas eu un décote plus importante", commente Ken Perkins, analyste chez Morningstar. Notre valorisation était à environ 10 dollars. Ils demandent aux gens de payer beaucoup pour prendre un risque opérationnel et financier important.»

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