France: Le déficit extérieur, réduit sur six mois, rechute en juin

ECONOMIE Le trou du commerce extérieur de la France s'est réduit sur les six premiers mois de l'année mais son creusement de près de six milliards d'euros en juin, du fait d'une nette contraction des exportations notamment de matériel de transports, inquiète le gouvernement...

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Le trou du commerce extérieur de la France s'est réduit sur les six premiers mois de l'année mais son creusement de près de six milliards d'euros en juin, du fait d'une nette contraction des exportations notamment de matériel de transports, inquiète le gouvernement.
Le trou du commerce extérieur de la France s'est réduit sur les six premiers mois de l'année mais son creusement de près de six milliards d'euros en juin, du fait d'une nette contraction des exportations notamment de matériel de transports, inquiète le gouvernement. — Kenzo Tribouillard afp.com

"Certes, la conjoncture mondiale se dégrade et l'Europe traverse une crise économique profonde, à laquelle nous nous efforçons, avec nos partenaires, de répondre", a relevé mercredi la ministre du Commerce extérieur Nicole Bricq.

"Pour autant, ces chiffres témoignent du problème de compétitivité de nos entreprises", a-t-elle estimé dans un communiqué. "Nous avons besoin d'entreprises beaucoup plus nombreuses et beaucoup plus fortes", a-t-elle ajouté.

Le déficit commercial, qui s'était replié au mois de mai grâce à plusieurs grands contrats, est reparti en hausse à 5,99 milliards en juin, contre 5,47 milliards le mois précédent, ont annoncé mercredi les Douanes.

Il a atteint 67,9 milliards d'euros sur douze mois, contre 71,2 milliards d'euros sur l'ensemble de l'année 2011, chiffre record que les Douanes ont de nouveau révisé à la hausse.

Sur le premier semestre 2012, le déficit s'est réduit à 34,9 milliards, contre 38,2 sur les six premiers mois de 2011.

Au total, les exportations se sont élevées à 36,5 milliards d'euros en juin, un niveau inférieur aux 37,23 milliards enregistrés en mai.

Les Douanes ont constaté sur juin que "les exportations se contractent nettement, en particulier celles de matériels de transport, après plusieurs grands contrats en mai".

Dans le même temps, "les livraisons aéronautiques marquent le pas et celles de véhicules automobiles accentuent leur repli".

Les autres produits manufacturés ont mieux résisté, notamment les biens intermédiaires et les produits du luxe. Les ventes de matériel militaire et des déplacements de collections d'oeuvres d'art se sont maintenues à un niveau important.

Les ventes se sont fortement contractées vers l'Amérique, ainsi que vers l'UE, mais elles sont restées "fermes" vers l'Allemagne. Une "nette hausse" a été enregistrée vers l'Asie.

"Les exportations françaises sont encore trop centrées sur l'Europe", a estimé Alberto Balboni, du cabinet Xerfi, qui a noté un "signal positif" : le solde de 18 milliards d'euros de l'aéronautique sur douze mois qui, "s'il était confirmé, serait un record absolu".

Les importations, elles, ont atteint 42,5 milliards d'euros en juin, en léger repli seulement par rapport à mai, "le recul pour les biens intermédiaires et les produits pharmaceutiques étant en grande partie compensé par une hausse des achats énergétiques", selon les Douanes.

Selon les Douanes, le mois de juin a connu un recul "prononcé" pour les achats de biens intermédiaires (métaux, chimie), les produits pharmaceutiques, l'aéronautique, l'automobile et les équipements mécaniques et électriques.

Mais les achats d'hydrocarbures (quantités), de matériel informatique et de téléphonie ont progressé et ceux de la construction navale ont bondi "en raison de la prise en compte d'un navire de forage pétrolier stationné dans les eaux guyanaises".

Géographiquement, les achats ont chuté depuis l'UE, en particulier depuis l'Espagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l'Irlande mais ont "fortement" augmenté depuis le Proche et Moyen-Orient et l'Asie.

Les exportations françaises se trouvent "dans une phase de stagnation depuis l'été dernier, à 36 milliards en moyenne par mois", a relevé M. Balboni. "Il s'agit d'exportations en valeurs donc, en tenant compte de l'inflation, cela veut dire baisse des exportations en volumes".

Et le recul des importations est un "signe de contraction de la demande domestique", a-t-il poursuivi.