Salariés, les Jeux olympiques nuisent-ils vraiment à votre productivité?

TRAVAIL Un tiers des patrons interdisent aux salariés de regarder les épreuves...

Mathieu Bruckmüller

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Usain Bolt remporte sa série du 100m, le 4 août 2012, aux Jeux Olympiques de Londres.
Usain Bolt remporte sa série du 100m, le 4 août 2012, aux Jeux Olympiques de Londres. — FRANCOIS XAVIER MARIT / AFP

A première vue, les Jeux olympiques ne sont pas une bonne affaire pour les entreprises. Aux Etats-Unis, une étude chiffre à 800 millions d’euros les pertes de productivité générées par les deux semaines d’épreuves sportives. L’ampleur du phénomène a dépassé les premières estimations qui atteignaient 525 millions d’euros. Entre le streaming sur l’ordinateur professionnel pour regarder les épreuves et Facebook ou Twitter pour les commenter, les occasions de distraire les salariés sur le pont en ce mois d’août sont nombreuses. De quoi faire sauter la borne passante du bureau.

C’est ce qui a certainement incité de nombreux patrons a interdire purement et simplement à leurs employés de regarder les évènements sportifs sur le lieu de travail. Dans le monde, 25% des salariés déclarent ne pas avoir la permission de leur boss, selon un sondage Monster.

Les salariés prêts à désobéir

Cette interdiction touche quasiment un sondé français sur trois (30%). Qu’à cela ne tienne. Impossible, n’est pas Français puisqu’ils sont les plus enclins à la braver! Près d’1 salarié français sur 5 (18%) se déclare prêt à désobéir, se situant largement au-dessus de la moyenne globale à 8%. A contrario, les Allemands ne comptabilisent que 5% de salariés à faire fi de l’autorité patronale. Avis aux contrevenants, regarder les J.O. pourrait vous coûter cher. La jurisprudence permet d’utiliser l’outil informatique à des fins personnelles, mais dans les mesures du raisonnable. «Tout dépend du trouble objectif causé à l’entreprise», explique Eric Rocheblave, avocat au Barreau de Montpellier spécialiste en droit du travail. Cela peut aller du simple rappel à l’ordre au licenciement.

Certains employés sont mieux lotis. D’après Monster, 16% des patrons français, contre 12% ailleurs en moyenne, autorisent leurs salariés à regarder le sport au bureau. Ils estiment, en effet, qu’un moment de convivialité autour d’un événement sportif peut contribuer à créer un environnement propice aux échanges, à la cohésion des équipes et plus globalement à une ambiance positive au travail. Ainsi, EDF, partenaire officiel des JO, a installé dans chaque unité du groupe un espace dédié avec des écrans de télévision pour suivre les épreuves.