Toulouse: L'usine Freescale s'arrête sans bruit malgré 500 licenciements

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Striking employees of the US semiconductor firm Freescale block a bus depot in Toulouse, southwestern France, on September 23, 2009 to protest against the planned closure in 2011 of the local plant. Some 95 percent of the memory chips produced at Freescale's Toulouse plant are used in the motor industry, which has been badly hit by the downturn despite a multi-billion-euro government bailout. AFP PHOTO PASCAL PAVANI
Striking employees of the US semiconductor firm Freescale block a bus depot in Toulouse, southwestern France, on September 23, 2009 to protest against the planned closure in 2011 of the local plant. Some 95 percent of the memory chips produced at Freescale's Toulouse plant are used in the motor industry, which has been badly hit by the downturn despite a multi-billion-euro government bailout. AFP PHOTO PASCAL PAVANI — Pascal Pavani afp.com

L'usine de l'américain Freescale à Toulouse vient de s'arrêter définitivement et dans la plus grande discrétion, malgré le licenciement annoncé de 500 personnes. Au moment où PSA Peugeot Citroën ou le groupe Doux accapare l'attention sociale, l'arrêt de la production chez Freescale, quelques jours avant la date initialement prévue du 10 août, est passé quasiment inaperçu.

Cet arrêt ne surprend personne. Cela fait plus de trois ans que la direction du fabricant américain de semi-conducteurs Freescale (ex-Motorola) a annoncé, le 22 avril 2009, la fermeture de son atelier toulousain de fabrication de galettes de silicium et le licenciement des salariés, au nombre de 821 à l'époque. Depuis, environ 300 salariés ont trouvé un nouvel emploi, selon la direction. En 2009, Freescale, qui ne la jugeait plus rentable, se donnait jusqu'à fin 2011 pour fermer cette unité de fabrication de composants principalement destinés à l'industrie automobile.

Maintien de l'activité de Recherche et développement

Freescale promettait alors d'offrir «un CDI pour chaque salarié licencié». Le géant américain maintient par ailleurs à Toulouse son activité de Recherche et développement, qui emploie environ 500 personnes. Malgré la mobilisation du personnel dans les mois qui ont suivi l'annonce de fermeture, malgré les tentatives de la dernière chance menées par la CGT, l'arrêt de la production paraissait depuis des mois être devenu inéluctable.

L'arrivée d'un nouveau gouvernement avait suscité un ultime semblant d'espoir. Mais la mission confiée à un conseiller du ministre du Redressement productif pour essayer de maintenir l'activité s'était soldée par un échec mi-juillet. A petits feux, la production a ralenti, jusqu'à cesser fin juillet. Quatre cents lettres de licenciement devraient partir, comme prévu, le 10 août. Une centaine d'autres partiront plus tard pour le personnel chargé du démontage et les salariés protégés comme les représentants du personnel.

300 reconversions

Il y a quelque temps déjà que la direction, les partenaires sociaux et les institutions concentrent leurs efforts sur le reclassement. Les 300 reconversions revendiquées par la direction sont un résultat «médiocre», dit le cégétiste Didier Zerbib. Il promet une assignation aux prud'hommes à l'issue du congé de reclassement qui garantit aux salariés un revenu jusqu'à mai 2013 car, pour lui, le motif économique des licenciements ne tient pas.

Même annoncé, cet arrêt n'est pas un augure favorable dans une région qui, après s'être longtemps singularisée par son dynamisme grâce à l'aéronautique, est elle aussi rattrapée par la crise. Toulouse vit dans l'angoisse d'une réorganisation annoncée le 5 juillet sans plus de précisions par Sanofi. Le groupe pharmaceutique, qui emploie environ 600 personnes à Toulouse, devrait détailler son plan en septembre. C'est à ce moment-là aussi que le voyagiste Fram, dont le siège est à Toulouse, pourrait préciser ses projets de restructuration.