Allemagne: Ralentissement du marché du travail et de la consommation

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L'Allemagne a affiché en juillet un taux de chômage en hausse pour la première fois depuis des mois qui, sans inquiéter, montre un léger essoufflement du marché du travail dans un pays qui compte sur le plein emploi et la consommation pour soutenir sa croissance.
L'Allemagne a affiché en juillet un taux de chômage en hausse pour la première fois depuis des mois qui, sans inquiéter, montre un léger essoufflement du marché du travail dans un pays qui compte sur le plein emploi et la consommation pour soutenir sa croissance. — Odd Andersen afp.com

L'Allemagne a affiché en juillet un taux de chômage en hausse pour la première fois depuis des mois qui, sans inquiéter, montre un léger essoufflement du marché du travail dans un pays qui compte sur le plein emploi et la consommation pour soutenir sa croissance. Le taux de chômage brut s'est établi à 6,8% en juillet en Allemagne contre 6,6% en juin et après plusieurs mois de baisse successive.

En données corrigées des variations saisonnières, plus suivies des économistes, le nombre de sans-emploi a progressé de 7.000 sur un mois, selon l'Agence allemande pour l'emploi qui juge néanmoins que cette évolution reste «globalement positive». Cette hausse est due principalement à «des contraintes saisonnières», telles que l'entrée sur le marché du travail de jeunes en fin d'études, et «l'arrivée à terme d'un certain nombre de contrats à durées déterminées fin juillet», a expliqué à l'AFP un porte-parole de l'Agence. «D'ici la fin du mois d'août, avec la reprise du travail, les embauches devraient repartir», a-t-il ajouté.

«Le nombre de sans-emploi a augmenté pour le quatrième mois consécutif»

Tout en jugeant aussi que le marché du travail allemand reste solide, un certain nombre d'analystes constatent toutefois que la crise en zone euro commence à atteindre l'économie du pays. «Le nombre de sans-emploi a augmenté pour le quatrième mois consécutif», estime Annalisa Piazza, économiste chez Newedge Strategy, jugeant que «les premiers effets de la détérioration de l'économie ont commencé à émerger».

«Les sondages auprès des entreprises montrent que les recruteurs se montrent plus réservés en termes d'embauches, en raison de la baisse de la demande attendue pour les mois à venir», a-t-elle ajouté. Le baromètre Ifo du climat des affaires en Allemagne a d'ailleurs enregistré un nouveau recul en juillet, signe que le moral des entrepreneurs du pays se ressent de l'environnemment de crise chez ses voisins et partenaires les plus proches.

«Nous avions prévu un ralentissement au deuxième trimestre et nous n'attendons pas que le marché du travail allemand retrouve son dynamisme de 2010 et en 2011», ont estimé les analystes de la banque Natixis. Il devrait toutefois continuer à faire bien mieux que la majorité des autres pays de la zone euro, où le taux de chômage s'est inscrit en juin à un nouveau niveau record à 11,2% et pourrait grimper jusqu'à 12% l'an prochain, a annoncé mardi l'institut de statistiques européen Eurostat.

Recul de la consommation des ménages

Autre mauvais signe pour l'Allemagne, la consommation des ménages ne connaît pas la progression espérée par les dirigeants du pays pour venir panser la faiblesse de la demande venue d'Europe et le ralentissement de la conjoncture mondiale. Les ventes de détail ont en effet enregistré un nouveau recul de 0,1% en juin, après avoir déjà cédé du terrain en avril et en mai, selon les chiffres publiés mardi par l'office fédéral des statistiques Destatis. «En tant que tel, l'atonie récente de ventes de détails ne constitue pas un signe avant coureur d'un effondrement sévère à court terme», observe néanmoins Annalisa Piazza.

Pour le moment, les ménages allemands se démarquent des milieux financiers et continuent de se montrer relativement sereins quant à la solidité de leur économie, comme l'a montré la semaine dernière le baromètre GfK qui mesure leur moral. Berlin continue de compter sur la solidité de son marché intérieur pour soutenir l'économie du pays. Jusqu'à présent, la stabilité de l'emploi ainsi que l'augmentation de leur pouvoir d'achat confère aux foyers allemands un sentiment de sécurité qui se traduit dans leurs anticipations de consommation.