Transavia devrait être bénéficiaire en 2013

avec AFP
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La compagnie Transavia France, filiale à bas coûts du groupe Air France, sera bénéficiaire dès l'an prochain et se présente comme le principal rempart à l'expansion des rivales low cost, estime jeudi son PDG dans un entretien à l'AFP.
La compagnie Transavia France, filiale à bas coûts du groupe Air France, sera bénéficiaire dès l'an prochain et se présente comme le principal rempart à l'expansion des rivales low cost, estime jeudi son PDG dans un entretien à l'AFP. — Jacques Demarthon afp.com

La compagnie Transavia France, filiale à bas coûts du groupe Air France, sera bénéficiaire dès l'an prochain et se présente comme le principal rempart à l'expansion des rivales low cost, estime jeudi son PDG dans un entretien à l'AFP. "Nous sommes actuellement légèrement en pertes avec 8 avions mais avec la croissance de 2013 de 4 avions supplémentaires, nous prévoyons un bénéfice", a déclaré Lionel Guérin.

Dans le cadre d'un plan de restructuration Transform 2015, le groupe Air France a décidé de faire monter en puissance cette compagnie en renforçant sa flotte qui comptera 12 avions en 2013 et 14 en 2014. "Quand nous avons créé Transavia il y a cinq ans, nous estimions le point d'équilibre à 9 avions. Nous en sommes restés à 8 car nous avons préféré ne pas créer de surcapacité pendant les crises successives, économiques, volcan (islandais au printemps 2010) et printemps arabe (2011)", a expliqué M. Guérin. Il a souligné que le coût au siège kilomètre hors fuel (référence du secteur) de Transavia est le même depuis 5 ans. "Les efforts importants ont porté leurs fruits. A fin juillet, nous sommes en ligne avec notre budget", a-t-il ajouté. Lionel Guérin, également patron d'Airliner, une des trois filiales régionales du groupe Air France, a estimé indispensable le développement de Transavia comme rempart aux compagnies à bas prix.

Croissance du low cost aérien

"Pour le groupe Air France, le développement de Transavia est nécessaire car nous assistons à une accélération du taux de pénétration des low cost. On voit bien que le moyen, le plus adapté dont Air France dispose pour riposter, est l'utilisation de sa filiale low cost sur le marché loisir, toujours en croissance, alors que le voyage d'affaires stagne", a-t-il commenté. Sur l'incitation d'Air France de transfert de ses pilotes vers Transavia, Lionel Guérin souligne que "depuis sa création en 2007, Transavia France a toujours privilégié les embauches des personnels du groupe Air France aux conditions de Transavia, spécifiques à celles d'une compagnie low cost de loisirs".

Les pilotes volontaires seront payés de manière équivalente mais devront effectuer 15% d'heures de vols supplémentaires par an. Lionel Guérin a reconnu que cela n'a pas suscité un véritable engouement: aucun personnel navigant commercial (PNC) n'a franchi la porte de sa compagnie, seuls quelques PNC de Regional et de Britair ont rejoint Transavia et deux personnes au sol.

"Incitation financière"

Enfin "55% de nos pilotes proviennent de Britair et Régional, 45% venant de l'extérieur du groupe Air France", a-t-il détaillé. Air France, pour gommer le sureffectif, a proposé à ses pilotes une "incitation financière", estimée à plusieurs dizaines de milliers d'euros, pour les encourager à travailler chez Transavia. Les personnels, du sol et aux navigants, sont eux aussi invités à venir travailler "aux conditions de rémunération et de travail de Transavia", a expliqué le dirigeant.

"Le coût de pouce proposé par Air France aux pilotes volontaires est largement moins coûteux que de garder le sureffectif pilote d'Air France au sol", a-t-il commenté, pour clore la polémique naissante. Transavia France en 2012: ce sont 96 Personnel sol, 250 PNC auxquels il faut ajouter des saisonniers et 104 pilotes. La flotte est composé de 6 Boeing 737-800 (189 passagers) en hiver et de 10 l'été.