Comment les couples partagent leurs revenus

M.B.
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La majorité des femmes françaises quinquagénaires (58%) associent la retraite aux difficultés financières, contre seulement 36% des hommes du même âge, révèle une étude de HSBC sur l'avenir des retraites publiée mercredi.
La majorité des femmes françaises quinquagénaires (58%) associent la retraite aux difficultés financières, contre seulement 36% des hommes du même âge, révèle une étude de HSBC sur l'avenir des retraites publiée mercredi. — Philipp Guelland afp.com

L’argent est l’une des principales sources de conflits, mais pourtant près des deux tiers (64%) des couples vivant ensemble depuis au moins un an et dont à minima un des conjoints est actif, mettent intégralement leurs revenus en commun. En revanche, 18% font une mise en commun partielle et 18% les séparent complètement. C’est ce que révèle une étude de l’Insee publiée ce jeudi.

Les couples mariés partagent le plus

Le phénomène de partage intégral des revenus est encore plus important chez les couples mariés où les trois quarts mutualisent leur rémunération. «Ce constat concorde avec le contrat de mariage par défaut, la «communauté des acquêts», qui inclut tous les revenus perçus et les biens acquis à partir du mariage (à l’exception des héritages). En outre, le mariage correspond a priori à un engagement durable et de confiance dans lequel les partenaires vont accumuler des biens collectifs; la mise en commun des revenus en faciliterait la gestion», souligne l’étude.

Autre élément intéressant, 67% des couples qui ont (ou ont eu) des enfants mettent également leurs revenus en commun, contre 38% de ceux qui n’en ont pas.  Et quand l’un des conjoints, au moins, a déjà eu une expérience de vie à deux, seulement 52% des couples mettent tous leurs revenus en commun, contre 68% des couples dont les deux conjoints sont dans leur première union.

«Deux raisons peuvent contribuer à cette différence: d’une part, les partenaires ayant déjà eu une expérience de rupture peuvent être moins confiants dans la permanence des relations conjugales ou avoir expérimenté les difficultés d’une séparation au moment de «démêler» les comptes. D’autre part, il peut rester des liens financiers avec un précédent partenaire, notamment s’il y a un (ou des) enfant(s) de cette précédente union: la part de mise en commun totale tombe en effet à 42% lorsqu’une pension alimentaire ou une prestation compensatoire est en jeu», avance l’Insee.

Le niveau de vie et le niveau d’études modifient le partage

Les caractéristiques économiques du couple influent aussi nettement sur l’organisation de l’argent. Ainsi, 77% des couples dont l’un des conjoints est retraité, et 75% des couples où l’un des conjoints est inactif non retraité collectivisent totalement les revenus, contre seulement 59 % des couples dont les deux conjoints sont actifs.

Dans l’ensemble des couples étudiés, ceux dont le niveau de vie est élevé mettent moins souvent les revenus totalement en commun. Le constat est le même pour les niveaux d’études : qu’il s’agisse du diplôme de la femme ou de celui de l’homme, la part de couples, qui mettent les revenus totalement en commun est d’autant plus faible que les niveaux de diplôme sont élevés. 76% des hommes et 74% des femmes mettent leurs revenus en commun contre respectivement 50% et 46% pour ceux titulaires d’un 2ème cycle ou plus.

Pour résumer, «le mariage, la présence d’enfants ont un effet positif et significatif sur la probabilité de mise en commun totale alors que les recompositions familiales, la bi-activité, des diplômes ou un niveau de vie plutôt élevé ont un effet négatif», explique l’Insee.

Consulter l’autre avant de dépenser

Pour les 18% de couples qui mettent dans un pot commun une partie de leurs revenus, trois logiques se dégagent. La moitié d’entre eux contribuent de manière proportionnelle à ce qu’ils gagnent. Dans 21% des cas, la logique de stricte égalité est à l’œuvre: chaque partenaire contribue au même montant aux dépenses collectives. Enfin 16% des couples se répartissent les dépenses par domaine. Par exemple, l’un prend en charge le loyer et l’autre le reste des dépenses courantes. Restent 12% des couples qui ne suivent pas ces trois logiques.

Reste une constante, peu importe le mode d’organisation des revenus, la majorité des conjoints consulte l’autre avant une grosse dépense pour eux-mêmes. 40% des hommes déclarent discuter toujours de leurs achats avec leur conjointe contre 20% des femmes. Enfin, seuls 12% des hommes déclarent ne jamais consulter leur partenaire contre 20% des femmes.