Semaine décisive pour PSA et l’ensemble du secteur automobile

Mathieu Bruckmüller

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Le 28 juin 2012, les salariés et ouvriers des usines PSA Peugeot Citroën de France d'Espagne et d'Allemagne manifestaient devant le siège de PSA avenue de la grande armée à Paris.
Le 28 juin 2012, les salariés et ouvriers des usines PSA Peugeot Citroën de France d'Espagne et d'Allemagne manifestaient devant le siège de PSA avenue de la grande armée à Paris. — A. GELEBART / 20 MINUTES

PSA sera de nouveau au centre de l’actualité cette semaine. Après l’annonce de 8.000 suppressions d’emplois en France, avec à la clé la fermeture de l’usine d’Aulnay (Seine-Saint-Denis) en 2014, Philippe Varin, le président du directoire de PSA, a été reçu lundi à 15h par le Premier ministre, après avoir rencontré à huis clos, Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif mercredi dernier. Rien n’avait filtré de ce tête-à-tête sous haute tension alors que l’exécutif, par la voix du président de la République, avait martelé, à l’occasion de l’interview du 14-Juillet qu’il n’acceptait pas le plan social du constructeur en l’état.

Arracher des concessions

Jean-Marc Ayrault a souligné l'attachement du gouvernement à ce que le plan social limite l’impact sur l’emploi, permette l’accompagnement de chaque salarié jusqu'à l’obtention d’un emploi, maintienne une activité industrielle sur le site d’Aulnay-sous-bois, mette en place un plan de revitalisation sur le bassin d’emploi rennais et accompagne les sous-traitants et prestataires de ces deux sites. De son côté, Philippe Varin a réaffirmé son engagement qu'il n'y aurait pas de licenciement sec au sein du groupe automobile et que le maximum serait fait pour assurer la réindustrialisation du site d'Aulnay-sous-Bois. En effet, jusqu’ici PSA a expliqué qu’il mettrait en place un plan de départs volontaires. Le syndicat majoritaire d’Aulnay réclame au minimum 50.000 euros par tête, bien plus que les 1.000 euros par année d’ancienneté proposés actuellement.

Plan de soutien au secteur

Le point d’orgue sera atteint mercredi avec la divulgation de l’ampleur de la perte du groupe depuis le début de l’année. Le groupe automobile brûle 200 millions d’euros de cash par mois. Ces mauvais résultats seront l’occasion de présenter, en détails, le plan social lors du comité central d’entreprise qui débutera à 9h. Un peu avant, à 8h, le locataire de Matignon s’entretiendra avec Carlos Goshn le patron de Renault, avant de présenter à l’Elysée, lors du traditionnel Conseil des ministres à partir de 11h, le plan de soutien du gouvernement à l’ensemble de la filière automobile. L’idée d’une nouvelle prime à la casse, trop coûteuse, a définitivement été écartée. En revanche, un soutien massif vers les véhicules innovants et propres via l’accentuation des mesures devrait être annoncé. Renault-Nissan souhaite vendre 1,5 million de voitures électriques à travers le monde d’ici cinq ans. De son côté, PSA se met à l’hybride.

La famille Peugeot sur la sellette

Le groupe sera encore sur le devant de la scène, jeudi, avec la rencontre entre Arnaud Montebourg et la famille Peugeot qui détient 25,4% du capital et 38,1% des droits de vote. «Nous avons un vrai problème sur la stratégie de Peugeot, l'alliance avec General Motors, le comportement de l'actionnaire», a indiqué le ministre la semaine dernière. Ainsi, le gouvernement a nommé un expert, Emmanuel Sartorius, chargé de faire un point sur la situation du constructeur. Il doit rendre ses conclusions provisoires à la fin du mois. Nul doute que la rencontre avec Thierry Peugeot, le président du conseil de surveillance de PSA à partir de 19h30 risque d’être un brin tendue. Dans un entretien au Figaro,  il a déclaré qu'il y avait «des limites» à la critique après les attaques du gouvernement qui n’a pas hésité à parler de «mensonge» et «dissimulation». 

«Nous avons des valeurs d'humanisme et de respect (qui seront) appliquées dans la mise en œuvre du plan», a assuré Thierry Peugeot. Toutefois, face au recul du marché européen de l'automobile, «nous sommes dans l'obligation de nous adapter, nous ne pouvons pas rester sans rien faire».