Les entreprises ont perdu le mode d'emploi des embauches

EMPLOI Les chiffres mensuels du chômage ne cessent de gonfler et la tendance se confirme avec les statistiques de l'Acoss, qui affichent une chute des embauches des entreprises en France...

Bertrand de Volontat (avec agences)
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Le ralentissement économique a des conséquences sur l'emploi.
Le ralentissement économique a des conséquences sur l'emploi. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Une bonne nouvelle pour l’emploi se fait encore désirer. Le nombre de déclarations d'embauche de plus d'un mois hors intérim a diminué de 4,7% au deuxième trimestre, selon l'Acoss, la banque de la Sécurité sociale, qui publie son baromètre économique mensuel. La situation s'est encore plus dégradée pour les seules embauches en CDI, qui ont chuté de 6%.

-7,2% de déclarations d’embauche des entreprises sur un an

La baisse des embauches de plus d'un mois hors intérim recensées par l'Acoss (qui chapeaute le réseau des Urssaf) s'est accélérée au deuxième trimestre. Le nombre de déclarations d'embauche des entreprises a diminué de 4,7%, une baisse en nette accélération par rapport aux deux trimestres précédents (-1,7% sur les trois derniers mois de 2011, -2,4% sur les trois premiers de 2012). Sur un an, la baisse atteint désormais 7,2%.

Pour les CDI, c’est encore pire

Sur les seules embauches en CDI, la situation s'est encore plus dégradée puisque le rythme de la baisse a doublé par rapport au premier trimestre, à 6 %. Le nombre d'embauches en CDD de moins d'un mois a continué à augmenter légèrement entre avril et juin (+1,4%, après +1,8% le trimestre précédent).

La situation est cependant différente selon la taille des entreprises. Celles de plus de 20 salariés ont diminué de 7,7% leurs embauches, et le coup de frein a presque autant concerné les CDD que les CDI (-,7%, contre -8,4%). Les plus petites, elles, ont nettement privilégié les contrats à durée déterminée: ceux de plus d'un mois ont augmenté de 3,7%, contre une baisse de 5,1 % des CDI. Une maigre satisfaction dont il faut se contenter.

Les heures supp’ stables pour le moment

Le nombre de déclarations d'embauche de plus d'un mois baisse dans tous les secteurs d'activité, à des degrés divers. La tendance est inchangée pour l'industrie, à -6%, l'orientation étant à la baisse depuis déjà un an. Le repli est moins prononcé dans le BTP: -1,5% au deuxième trimestre, après -4,7%. La situation se dégrade dans le tertiaire, en baisse de 5,6% (contre 1,4% au premier trimestre).

Le baromètre fait état, enfin, d'une relative stabilité des heures supplémentaires dans les entreprises de 10 salariés et plus en juin, comme les deux mois précédents, ce qui confirme un comportement attentiste face à une conjoncture incertaine. La situation pourrait rapidement évoluer avec la défiscalisation désormais actée par les députés des heures supplémentaires.