Vivendi songerait à une vente du brésilien GVT

Reuters

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Vivendi envisage de vendre sa filiale télécoms brésilienne GVT, pourtant l'un des joyaux de son portefeuille d'activités, a-t-on appris jeudi de sources au fait du dossier, une opération qui pourrait aider à redresser le cours de Bourse du conglomérat. Une telle cession, qui pourrait représenter entre 7 et 8,5 milliards d'euros, tomberait à point nommé alors que les premières tentatives en vue de trouver un acheteur pour l'éditeur de jeux vidéos Activision Blizzard ont rencontré peu de succès au prix demandé, ont indiqué les sources. "Une vente de GVT n'est plus tabou", a dit l'une d'entre elles.

La réflexion a évolué

Bien qu'aucun mandat n'ait été été donné à des banques pour rechercher des acheteurs potentiels, la réflexion du conseil d'administration a évolué récemment. GVT, opérateur qui fournit de la téléphonie fixe, de l'internet ainsi que de la télévision payante, était jusqu'ici considéré comme un actif à conserver absolument. Le conseil pourrait maintenant envisager de le céder, mais au juste prix. Le conglomérat a engagé une revue de sa structure réunissant diverses activités de médias et de télécoms et les banques lui font assaut de propositions sur la meilleure stratégie à adopter pour redresser son cours de Bourse, allant de simples désinvestissements à un démantèlement du groupe. 

Aux manettes, le président du conseil de surveillance de Vivendi, Jean-René Fourtou, qui se retrouve à nouveau en première ligne après le départ du président du directoire, Jean-Bernard Lévy, sur fond de divergences sur l'avenir du groupe. Le dirigeant de 72 ans doit faire face à la pression des agences de notation, préoccupées par les 14 milliards d'euros de dette du conglomérat, ainsi qu'aux attentes élevées des actionnaires qui espèrent des changements de taille. Le groupe souhaite notamment réduire son exposition au secteur des télécoms, jugé trop risqué et consommateur de capital par Jean-René Fourtou, a expliqué l'une des sources.

Valorisation de 8,3 milliards dollars

Sur le dossier Activision Blizzard, les banquiers de Vivendi ont contacté au cours des semaines passées des acheteurs potentiels pour la participation de 61% que le conglomérat détient dans l'éditeur de jeux vidéo, mais selon les sources, aucun ne semble prêt à payer la prime d'au moins 12% que Vivendi demande sur une valorisation d'environ 8,3 milliards de dollars. Le chinois Tencent, le groupe américain de médias Time Warner et les géants Microsoft, Apple et Facebook ont tous été sondés, a dit une source.

Vivendi avait mis la main sur GVT en 2009 pour 2,9 milliards de dollars (2,3 milliards d'euros), à la barbe de son concurrent Telefonica, dans le cadre de la stratégie d'expansion dans les marchés émergents menée par Jean-Bernard Lévy. Certains actionnaires avaient critiqué l'opération à l'époque, jugeant son prix élevé, mais ils ont depuis appris à apprécier l'opérateur fixe brésilien dont les revenus ont flambé de près de 40% l'an dernier. Parmi les acheteurs potentiels pour l'opérateur présent dans 120 villes brésiliennes, pourraient figurer Telefonica et Oi , tous les deux opérateurs fixes et mobiles dans le pays, ainsi que Telecom Italia via sa filiale TIM Brasil. Egalement présent au Brésil, America Movil, la société du magnat mexicain Carlos Slim, pourrait également se montrer intéressée mais la transaction pourrait poser des problèmes en matière de concurrence, selon une source bancaire. "Compte-tenu du potentiel du haut débit (au Brésil), il y a beaucoup de valeur à long terme pour ces gens", explique un banquier spécialiste du secteur des télécoms. Un porte-parole de Vivendi a déclaré que le groupe "ne commente jamais les rumeurs", une porte-parole de GVT au Brésil n'a pas souhaité faire de commentaires dans l'immédiat et Activision n'était pas joignable dans l'immédiat.