Hermès vend toujours autant de sacs mais est très prudent pour la suite

LUXE Les ventes du groupe ne montrent pas de signe d'essoufflement...

© 2012 AFP

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Le sellier Hermès compte encore battre en 2012 un record de ses ventes de sacs ou de montres dans la foulée d'un premier semestre marqué par une forte demande, tout en étant extrêmement prudent pour la suite en raison des incertitudes économiques mondiales.
Le sellier Hermès compte encore battre en 2012 un record de ses ventes de sacs ou de montres dans la foulée d'un premier semestre marqué par une forte demande, tout en étant extrêmement prudent pour la suite en raison des incertitudes économiques mondiales. — Eric Piermont afp.com

Le sellier Hermès compte encore battre en 2012 un record de ses ventes de sacs ou de montres dans la foulée d'un premier semestre marqué par une forte demande, tout en étant extrêmement prudent pour la suite en raison des incertitudes économiques mondiales.

Les marchés, qui s'inquiètent d'un ralentissement de la demande après deux années record pour le luxe, ont salué la hausse de 21,9% des ventes d'Hermès sur les six premiers mois de l'année.

Le titre de la maison de luxe finissait en hausse de 3,13% à la clôture de la Bourse de Paris à 237,20 euros, entraînant à la hausse les autres valeurs du luxe en Europe: LVMH (Louis Vuitton, Givenchy, Céline etc.) +2,45%, PPR (Gucci, Yves Saint-Laurent..) +2,09%, Burberry +4,46%, Richemont (Cartier, Vacheron-Constantin, Montblanc, Jaeger-LeCoultre, etc) +3,25%, etc.

Les ventes d'Hermès ne montrent "pas de signe d'essoufflement en Chine ou aux Etats-Unis", a affirmé à l'AFP Patrick Thomas alors qu'au deuxième trimestre, les ventes ont un peu marqué le pas, plus selon lui pour des raisons d'effet de base ou de rachat de concessionnaire qu'autre chose.

Il a notamment qualifié la demande "de très soutenue" en Asie (+25% tirée par la Chine, Hong Kong et Singapour), mais aussi en Europe (hors France +21%).

Le résultat en Asie, "clairement à contre-courant des tendances observées chez les autres acteurs du luxe", est relevé par le courtier Aurel BGC comme chez Bryan Garnier.

Les analystes anticipent en effet un ralentissement de la demande en raison du climat économique mondial, y compris en Chine, qui a enregistré au deuxième trimestre sa croissance la plus faible depuis trois ans.

"Le luxe de qualité semble très bien résister pour le moment", s'est réjoui M. Thomas.

"Tous nos métiers sont en forte croissance" sur le semestre, a-t-il relevé en expliquant que le secteur qui grandit le moins vite, la maroquinerie (+10%) est celui où "les capacités de fabrication sont les moins extensibles".

Les vêtements et l'horlogerie dépassent les 20% chacun, la bijouterie et les arts de la table bondissant de 50%.

Si l'an dernier à la même époque, Hermès révisait à la hausse ses prévisions de croissance annuelle des ventes, la maison de luxe a maintenu son objectif de +10%.

Son résultat opérationnel courant, qui sera publié le 31 août, devrait enregistrer une "croissance en ligne" avec celle des ventes.

En revanche, "la marge opérationnelle courante, exprimée en pourcentage des ventes, devrait être comprise entre celle de 2010 et le plus haut historique atteint en 2011", selon le communiqué.

Autrement dit, entre 27,8% et 31,2% mais "peut-être plus près de 2011", a précisé M. Thomas, selon lequel la rentabilité d'Hermès "est bien là où elle est".

Aurel BGC a qualifié néanmoins de "conservateurs" les objectifs annuels du groupe, car ils "supposent un très net ralentissement de la croissance au second semestre ainsi qu'une forte détérioration de la profitabilité".

L'an dernier avait été l'année de tous les records pour Hermès: 2,84 milliards d'euros de vente (+18,3%), un bénéfice opérationnel de 885,2 millions d'euros (+32,5%) et un bénéfice net de 594,3 millions d'euros (+40,9%).

"On ne s'attend pas à un deuxième semestre enthousiasmant", a insisté M. Thomas, traditionnellement très prudent.

Outre la crise mondiale, il a ajouté d'autres phénomènes comme "des couvertures de changes légèrement défavorables, une hausse des prix des matières"... et même l'impact de la loi de finances rectificative pour 2012 "qui va nous coûter très très cher", évoquant la hausse du forfait social ou la taxe sur les dividendes.