Libor: Les enquêteurs se penchent vers deux banques françaises

FINANCE Il s'agirait d'employés des banques françaises Société Générale et Crédit Agricole...

B. de V. avec AFP

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Les régulateurs bancaires enquêtant sur le scandale du Libor se penchent sur les liens entre les traders de la banque britannique Barclays, à l'origine du scandale, et ceux de quatre autres banques européennes, dont deux françaises, selon le Financial Times.
Les régulateurs bancaires enquêtant sur le scandale du Libor se penchent sur les liens entre les traders de la banque britannique Barclays, à l'origine du scandale, et ceux de quatre autres banques européennes, dont deux françaises, selon le Financial Times. — Miguel Medina afp.com

Les régulateurs bancaires enquêtant sur le scandale du Libor  se penchent sur les liens entre les traders de la banque britannique Barclays, à l'origine du scandale, et ceux de quatre autres banques européennes, dont deux françaises, selon le Financial Times.

Une relation avec un trader de Barclays

Il s'agirait d'employés des banques françaises Société Générale et Crédit Agricole, de l'allemande Deutsche Bank et de la britannique HSBC, selon le site internet du journal britannique qui cite des sources proches du dossier, et qui précise que ces personnes ne travaillent plus pour les banques en question.

Selon le journal, les régulateurs enquêtent sur les liens qu'aurait pu tisser un des traders de Barclays impliqué dans le scandale avec des homologues de ces banques. Selon les informations de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel publiées dimanche, la Deutsche Bank a proposé aux autorités européennes et suisses de coopérer totalement avec les enquêteurs, afin d'éviter une condamnation trop lourde, en bénéficiant d'un statut de «témoin repenti».

Le taux interbancaire Libor fait aujourd'hui l'objet d'un scandale retentissant au Royaume-Uni, après la mise au jour de manipulations effectuées par la banque britannique Barclays entre 2005 et 2009. Les révélations concernant Barclays ont entraîné la démission du président et du directeur général de l'établissement qui devra payer environ 360 millions d'euros pour mettre fin à des enquêtes des régulateurs britannique et américain.

Simple supposition pour l'heure

La Chambre des Communes britannique va constituer une commission d'enquête parlementaire sur le sujet et l'office britannique de lutte contre la délinquance financière (SFO) s'apprête à ouvrir une enquête pénale. La Commission européenne a également lancé une enquête sur l'ensemble des principaux taux du marché interbancaire.

Concernant l'implication éventuelle de banques françaises, le gouverneur de la banque de France Christian Noyer a déclaré mercredi qu'«elles ont été interrogées par les autorités compétentes et les réponses, apparemment, ont été satisfaisantes puisqu'à ce stade, il n'y a aucune suite».

«Pour l'instant, personne n'a dit, n'a émis l'idée qu'elles avaient participé», a-t-il martelé. Le secrétaire d'Etat américain au Trésor, Timothy Geithner, a déclaré mercredi que les Etats-Unis vont se mobiliser pour une réforme «solide et crédible» du Libor.

Ce scandale du Libor vient s'ajouter à la liste des errements de la finance mondiale. Selon le PDG de la banque américaine Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, le principal effet négatif qui peut ressortir de l'affaire, c'est que cela risque «de miner la confiance dans l'intégrité du système financier alors qu'elle a déjà été laminée».

Les marchés, vrai victimes du scandale

Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Ben Bernanke a lui estimé mardi que les actions révélées jusqu'alors «ne sont pas seulement très préoccupantes en elles-mêmes mais ont aussi pour effet de saper les marchés».

Une analyse partagée par le FMI qui estime que «la plus grave conséquence de ce scandale (...) tient dans le fait qu'il sape la certitude et la confiance que les marchés ont dans les indices de référence», selon José Vinals, directeur du département des marchés de capitaux internationaux du FMI, lors d'une conférence de presse lundi à Washington.