Les dépenses de santé représentent désormais 10% du budget des ménages

SANTE Selon une étude de l'Insee...

Mathieu Bruckmüller

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Illustration: Des médicaments génériques.
Illustration: Des médicaments génériques. — DURAND FLORENCE/SIPA

La santé prend une part croissante dans le budget des ménages, au premier rang duquel les achats de médicaments. Hors dépenses hospitalières, elle représentait 10% des dépenses brutes de consommation des foyers en 2010 contre 8,9% en 2000, selon une nouvelle étude de l’Insee. En soustrayant la partie remboursée, le reste à charge était encore 3,8% contre 3,2% il y a douze ans.

Baisse de 1,8% du coût des médicaments

Cette hausse s’explique avant tout par le poids des médicaments qui en 2010 représentaient 35,6% des dépenses de santé. Or, en dix ans, leur coût a diminué en moyenne de 1,8% par an tandis que les prix à la consommation ont augmenté de 1,7%. Cette baisse s’explique largement par le développement des génériques qui a incité certains fabricants à baisser leurs tarifs pour rester compétitifs. Le prix des princeps a ainsi diminué de 7,5% entre décembre 2008 et 2009 pour les médicaments dont le groupe générique a été créé en juin 2008. Et le mouvement a toutes les chances de se poursuivre. Le Conseil national d’assurance-maladie a estimé, mardi, qu’il est possible de réaliser 800 millions d’euros d’économies dès 2013 sur les tarifs des médicaments notamment via les génériques, bien plus chers que chez nos voisins. Trois fois plus qu’aux Pays-Bas par exemple.

Maîtrise des dépenses

Dans ce contexte, pourquoi le budget santé des ménages a-t-il augmenté alors que près de 90% des dépenses en médicaments viennent de produits remboursables? En fait, pendant que le prix brut des médicaments remboursables diminuait, la mise en place de franchises en 2008, les baisses de taux de remboursement voire des politiques de déremboursement étaient mises en place. Après le passage de 65% à 35% du taux de remboursement de 450 médicaments en 2003, une centaine de plus sont passés de 35% à 15% en 2010.

«Toutes ces mesures ont conduit à alourdir la part des dépenses restant à charge des ménages. Entre 2000 et 2010, les prix nets des médicaments ont ainsi crû de 0,6% par an», constate l’Insee.

Les ménages doivent également faire face à la hausse des prix des médicaments non remboursables qui ont augmenté de 3,2% en moyenne par an entre 2000 et 2010. Si ces derniers représentent environ 9% du total des dépenses brutes en médicaments, le pourcentage grimpe à 20% des dépenses nettes. «Contrairement aux médicaments remboursables, les médicaments non remboursables ont des prix librement fixés par les entreprises pharmaceutiques», rappelle l’étude.