Les tarifs de la SNCF sont pointés du doigt

TRANSPORT L'association de consommateurs CLCV a mené l’enquête...

Mathieu Bruckmüller

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Logo de la SNCF.
Logo de la SNCF. — CHAUVEAU NICOLAS/SIPA

En ce jour de grand départ en vacances, la CLCV est allée tester la grille tarifaire de la SNCF régulièrement dénoncée par les usagers du rail pour son manque de lisibilité. 

Menée sur 24 destinations différentes (11 départs de Paris vers des lieux de villégiature, 10 d’autres villes et 3 internationaux) avec des relevés tarifaires à 3 mois, 2 mois et 1 mois avant le départ (soit 720 tarifs étudiés), l’étude, contestée par l'entreprise publique, formule plusieurs observations intéressantes.

Des prix plus chers au départ de la province

Ainsi, les prix sont plus élevés au départ de la province. Au départ des régions, les tarifs au kilomètre sont en moyenne plus de 25% supérieurs aux trajets au départ de Paris: 21,6 euros en moyenne par tranche de 100 kilomètres dans le premier cas contre 16,4 euros dans le second cas.

Mais, «il y a une certaine logique à ce résultat: les trains partant de Paris comptent probablement plus de voyageurs, ce qui permet de mieux amortir les coûts fixes et de proposer un prix plus bas», souligne le rapport de la CLCV. La présence ou non d’une concurrence du transport aérien est une autre explication: «Les trajets où le tarif kilométrique est élevé concerne plutôt des destinations où il n’y a pas de vols avions (Lyon-Nice, Clermont Montpellier) au contraire de nombre de destinations à bas tarif kilométrique (Paris-Montpellier ou Paris-Nice, par exemple).». «Nous ne faisons aucune distinction entre Paris et la province quand nous fixons nos prix. En fait, ils dépendent de la vitesse, du gain de temps et des péages payés à Réseau Ferré de France», réagit un porte-parole pour qui les résultats de cette enquête sont faux. De façon générale, selon lui, plus le client réserve tôt, moins le tarif est cher. Ensuite tout dépend du taux de remplissage.

La carte famille nombreuse perd de son éclat

Mais l’association constate également que la carte famille nombreuse est de moins en moins intéressante. En moyenne, elle ne propose que 19,4% de réduction par rapport au tarif normal contre 21% pour la carte sénior, 23,9% pour la carte 12-25 et 34,3% pour la carte fréquence.« La carte famille nombreuse est de plus en plus négligée par l’opérateur. Cette faible réduction est un élément important si on considère que nombre de ménages (notamment les familles nombreuses) effectuent leur réservation estivale dès l’ouverture à 3 mois pour chercher le meilleur tarif. La SNCF pourra objecter qu’elle propose des tarifs plus bas à 3 mois et qui profitent à tout le monde. Mais ces tarifs sont assortis de conditions et il ressort plus généralement que la politique d’éclatement tarifaire tend à faire disparaître les avantages historiquement reconnus à la carte famille nombreuse», déplore la CLCV. De son côté, la SNCF répond que celle-ci n'est pas une carte de la SNCF comme la carte 12-25, mais une carte sociale dont les conditions sont fixées par l'Etat. Valable trois ans, elle est accessible pour les familles ayant au moins trois enfants de moins de 18 ans, moyennant 19 euros de frais de dossier par ménage. Elle permet ainsi d'obtenir des réductions de 30%, garanti, à 75%, en fonction du nombre d'enfants. Toutes les réductions sont calculées par rapport au tarif de référence, fixé par l'Etat et qui correspond au plein tarif de seconde classe, détaille la SNCF. Le transporteur rappelle d'ailleurs que 75% de ses clients bénéficient d'une carte de réduction et huit sur 10 bénéficient de petits prix notamment via les billets Prem's.

Politique tarifaire éclatée

Malgré tout, la CLCV fait état d’une politique de tarifs éclatés offrant des prix en moyenne plus bas de 28% que le tarif moyen: «Si ces prix bas profitent à tout le monde, ils sont cependant en nombre limité et souvent assortis de conditions particulières.»

Pour tirer son épingle du jeu, il semble bel et bien avantageux de prendre ces billets le plus tôt. En effet, les prix sont bien moins chers à l’ouverture des trois mois avant le départ si l’on est sûr de ses dates. «Passé ce délai, l’usager peut prendre son temps car le tarif évolue peu et il n’y a pas de pénurie de places», remarque la CLCV.

Au final, la CLCV demande à la SNCF d’indiquer sur les billets le prix/kilomètre, ainsi que le prix médian hors cartes d’abonnement; de mettre en place - en en informant le public - une politique de tarif social claire, uniforme, en plus des systèmes de subventions régionales actuels trop souvent confidentiels pour le grand public. Enfin, la CLCV souhaiterait que le transporteur simplifie la grille tarifaire afin de permettre une meilleure lisibilité et développer une présentation des offres permettant à l’ensemble des usagers de comparer les tarifs proposés.